Venezuela : défendre le droit international, sans complaisance ni impérialisme
Les bombardements contre le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse par les États-Unis constituent une violation extrêmement grave et manifeste du droit international et de la Charte des Nations unies que nous condamnons avec la plus grande fermeté.
Si nous refusons toute complaisance envers le régime autoritaire, corrompu et anti-écologique de Nicolás Maduro, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’action illégale lancée par les Etats-Unis. Nous rejetterons toujours une justice internationale décidée unilatéralement par une puissance qui s’arroge le droit de désigner qui mérite d’être arrêté, exilé ou renversé et crée le chaos.
Ce qui se joue ici dépasse largement le seul cas vénézuélien. C’est un pas de plus vers l’effondrement du multilatéralisme, déjà fragilisé, au profit de décisions unilatérales fondées sur la force plutôt que sur le droit. Lorsque les règles communes sont contournées, ce sont les principes censés protéger les peuples qui tombent avant les dictateurs.
Cette dérive s’inscrit dans un contexte de montée des populismes et de personnalisation extrême du pouvoir, où l’action spectaculaire remplace la délibération collective et où les institutions internationales sont marginalisées.
Face à cette situation, nous sommes sidérés par l’absence de réaction à l’heure actuelle du Gouvernement belge et la faiblesse de réaction de la Haute représentante aux affaires étrangères européennes Kaja Kallas. Nous les appelons à condamner fermement cette violation du droit international et à prendre les initiatives diplomatiques nécessaires, en concertation avec l’Union européenne et ses États membres, afin de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies.
Le groupe Ecolo-Groen demande la convocation urgente de Maxime Prévot en commission des affaires étrangères du Parlement fédéral.
Nous refusons le faux choix entre complaisance envers les régimes autoritaires et acceptation d’un impérialisme déguisé. La seule voie légitime est celle du droit international, des solutions collectives, du soutien aux sociétés civiles et de la primauté des peuples sur les logiques de puissance.
Sans règles communes, il ne reste que l’arbitraire. Et l’arbitraire est toujours une menace pour la démocratie et pour la paix.