Ecolo appelle à déclarer l’urgence climatique
Devant des centaines de membres, sympathisants et élus, réunis, à l’occasion du festival de l’Écologie politique, les coprésidents d’Ecolo, Marie Colline Leroy et Gilles Vanden Burre ont dénoncé l’inaction des Gouvernements face aux conséquences du dérèglement climatique et rappelé la nécessité de mettre en place un Plan de protection climatique.
Les canicules meurtrières et les incendies qui ont frappé les Hautes Fagnes et une grande partie de l’Europe ont montré une réalité incontestable : la Belgique n’est pas suffisamment préparée aux conséquences du dérèglement climatique. Ecolo appelle à déclarer l’urgence climatique et à investir chaque année 1 % du PIB dans la protection, l’adaptation et la décarbonation du pays.
Dans des milliers de familles, cet été, il a fallu improviser pour trouver un peu de fraîcheur : “couvrir les fenêtres, protéger les enfants, veiller sur les personnes âgées et affronter des températures dépassant les 30 degrés dans certaines classes. Cette responsabilité ne peut pas reposer sur les individus, insiste la coprésidente d’Ecolo. “C’est au politique d’améliorer, d’adapter et de soutenir la population dans son quotidien. On peut s’adapter à trois jours de canicule. On ne s’adapte jamais à un monde à +4 degrés”.
Ecolo demande la mise en œuvre immédiate d’un plan incendie et d’un plan fraîcheur national décliné dans chaque commune. Le plan incendie prévoit de refinancer les pompiers et la Protection civile, de renforcer les moyens terrestres et aériens, de constituer des réserves d’eau et d’améliorer la détection, les systèmes d’alerte et les plans d’urgence. Il doit également assurer une coordination permanente entre tous les niveaux de pouvoir et les pays voisins, tout en protégeant les forêts, les tourbières et les écosystèmes qui limitent les risques.
Le plan fraîcheur prévoit, quant à lui, de végétaliser et désimperméabiliser les espaces publics, de créer des lieux frais et des points d’eau accessibles, d’adapter les écoles et les maisons de repos, de protéger les travailleurs exposés et d’accélérer la rénovation des logements. “Ces mesures doivent cibler en priorité les personnes les plus vulnérables. Nous ne disposons pas toutes et tous des mêmes moyens pour nous protéger, nous adapter ou rebondir. C’est à l’économie de s’adapter aux limites de notre planète, et pas l’inverse”, rappelle Gilles Vanden Burre, coprésident d’Ecolo.
Pour financer cette politique de protection, Ecolo propose de consacrer chaque année 1 % du PIB, soit environ 6 milliards d’euros, à la sécurité climatique : prévention des catastrophes, adaptation des infrastructures, protection de la population, restauration de la nature et sortie des énergies fossiles. “Nous payons déjà le prix du dérèglement climatique. La question est de savoir si nous voulons continuer à subir cette facture ou investir pour nous protéger. Ce 1 % du PIB, c’est notre assurance vie collective pour nos enfants, nos aînés, nos agriculteurs, nos services de secours et notre économie”, concluent les coprésidents.
Ecolo appelle donc à déclarer l’urgence climatique afin de mobiliser l’ensemble des pouvoirs publics autour d’objectifs chiffrés, d’un calendrier précis et d’un suivi transparent.