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Reprise des centrales nucléaires : la population paiera le prix fort

Publié le 5 novembre 2026

Le nouveau report des négociations entre l’État belge et Engie sur la reprise des activités nucléaires confirme l’impréparation et l’incompétence du gouvernement. Pour Ecolo, le Gouvernement va faire payer aux citoyens et aux citoyennes le prix de son entêtement nucléaire.

Les citoyens et les citoyennes doivent pouvoir connaître le coût global de l’opération, les conditions précises du transfert et les risques que l’État envisage d’assumer. Chaque mois, l’Etat belge paie des millions à Engie pour la suspension des travaux de démantèlement – ces montants n’ont toujours pas été communiqués. Une opération de cette ampleur exige un contrôle parlementaire à la hauteur des engagements possibles pour les finances publiques. “Le ministre Bihet doit démontrer qu’il maîtrise ses dossiers. Jusqu’ici, les annonces politiques se succèdent mais les échéances sont reportées l’une après l’autre. Quel coût pour la collectivité ? Quelles garanties obtenues d’Engie ? Qui prendra en charge les éventuels dépassements ?”, demandent Marie Colline Leroy Van Moer et Gilles Vanden Burre, les co-présidents d’Ecolo.

Sur l’offshore aussi, les promesses de calendrier ont pris l’eau. L’appel d’offres annulé en juillet 2025 devait être relancé en mars 2026 et on ne voit toujours rien venir.

 

Ces retards ont des conséquences qui dépassent les difficultés politiques du gouvernement. Les analyses d’EnergyVille montrent que retarder le déploiement de l’éolien en mer peut accroître le recours au gaz et aux importations, avec un risque de hausse des factures, estimé à 500 millions d’euro par année de retard. Pour Ecolo, l’offshore, les interconnexions et le stockage doivent avancer dès maintenant, indépendamment de l’issue des discussions avec Engie. “Pendant que le gouvernement s’enlise dans le rachat d’anciennes centrales, il laisse filer un temps précieux pour préparer notre avenir énergétique. Chaque mois consacré à cette impasse au détriment des investissements nécessaires pèse sur notre autonomie stratégique et sur la protection du pouvoir d’achat. Les ménages, eux, ne peuvent pas reporter leurs factures”, poursuivent les co-président d’Ecolo..

À ces reports s’ajoute désormais la menace d’une reprise forcée. Selon les informations de De Tijd et de L’Echo, relayées le 27 octobre par Belga, Bart De Wever aurait fait préparer un scénario d’expropriation. L’État déterminerait unilatéralement la méthode de calcul d’une indemnité jugée équitable, qu’Engie pourrait contester devant les tribunaux. “Brandir l’expropriation pour mettre la pression sur Engie ne règle aucune question sur le coût du rachat ou du démantèlement. Cette escalade idéologique risque d’ajouter une bataille judiciaire à l’impasse politique. Le gouvernement doit expliquer jusqu’où il est prêt à engager l’argent public pour poursuivre son obsession nucléaire”, dénonce Ecolo. “Nous exigeons la présentation au Parlement d’un chiffrage complet d’Aurora, des responsabilités qui seraient transférées à l’État et des garanties réclamées à Engie. Nous voulons également un calendrier public et crédible pour la relance de l’offshore et les investissements dans les interconnexions et le stockage. La priorité doit être de sécuriser notre approvisionnement et de protéger durablement les factures des citoyens et des citoyennes”, concluent Marie Colline Leroy Van Moer et Gilles Vanden Burre.

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