Ecolo exige l’urgence climatique et propose d’y investir 1% du PIB
Les Fagnes brûlent encore. Cet été la Belgique a suffoqué sous une chaleur exceptionnelle et des agriculteurs ont vu leurs récoltes disparaître. Pour Ecolo, un basculement politique est nécessaire afin que l’écologie devienne désormais une affaire de sécurité nationale.
“Aujourd’hui, nous payons déjà près de 1 % de notre richesse nationale chaque année pour réparer les dégâts du dérèglement climatique, explique Gilles Vanden Burre, coprésident d’Ecolo. Nous proposons de faire l’inverse : investir annuellement 1 % du PIB pour protéger la population, adapter le territoire et décarboner le pays.”.
En effet, trois mille hectares de tourbières ont brûlé dans les Hautes Fagnes lors du plus grand incendie de l’histoire du pays. Entre le 18 juin et le 3 juillet, la Belgique a enregistré plus de 2 000 décès supplémentaires par rapport à la normale, soit une surmortalité de 48 %, selon Sciensano, Des concentrations de particules fines atteignant 16 fois le seuil de danger ont même été mesurées. Alors qu’en Wallonie, 85 % des ménages, près d’1,37 million de familles, vivent à moins de 200 mètres d’une zone inflammable, le Gouvernement navigue à vue et les ministres se renvoient la balle.
Le Gouvernement prévoit 17 milliards d’euros pour la Défense face à un risque géopolitique réel, mais incertain, sans dégager d’investissement climatique alors que cette menace est certaine, frappe déjà les Belges et va s’intensifier. “Il doit y avoir un avant et un après l’été 2026. Une des premières responsabilités de l’État est de protéger ses citoyens. La politique climatique du MR et des Engagés, c’est de toucher du bois. Ecolo propose d’anticiper et d’agir avant que la facture ne devienne impayable”, insiste Marie Colline Leroy, la coprésidente d’Ecolo.
Les propositions d’Ecolo pour une véritable sécurité climatique
1. Investir chaque année 1 % du PIB
Ecolo propose d’investir 1 % du PIB belge, soit environ 6,5 milliards d’euros par an, pour protéger la population contre les canicules, les incendies, les sécheresses et les inondations, mais aussi pour accélérer la rénovation des logements, adapter l’agriculture et décarboner l’économie. Cette règle doit être inscrite dans la loi afin qu’aucun gouvernement ne puisse y déroger. Selon le Bureau fédéral du Plan et le CERAC, la prévention et l’adaptation nécessiteraient un effort annuel compris entre 0,7 % et 1,4 % du PIB. Ne rien faire pourrait coûter jusqu’à 12 % du PIB lors d’un prochain choc climatique.
2. Déclarer l’urgence climatique
Ecolo demande une mobilisation générale de tous les niveaux de pouvoir et de tous les services de l’Etat. Chaque ministre devra passer son budget au crible des risques climatiques et prendre sa part de responsabilité.
Cette déclaration permettrait de débloquer les moyens nécessaires pour renforcer la Protection civile, les pompiers, les services de santé et les autres services publics. Elle imposerait également un commandement clair et une meilleure coopération entre les différents niveaux de pouvoir. La sécurité climatique exige de l’anticipation, de la coordination et des moyens à la hauteur des risques.
3. Financer en mobilisant l’argent existant
L’argent existe déjà. Ecolo propose de réorienter progressivement les 15 milliards d’euros de soutiens actuellement accordés aux énergies fossiles, de mobiliser les 1,9 milliard d’euros de recettes issues du marché européen du carbone actuellement bloquées et d’aller chercher davantage de financements européens.
À l’échelle de l’Union européenne, 1 % du PIB représente environ 180 milliards d’euros, soit l’équivalent des pertes économiques attribuées cette année aux chaleurs extrêmes.
Pour Ecolo, l’action climatique doit reposer sur la protection, la solidarité, l’anticipation et la responsabilité. Elle doit renforcer la sécurité et la santé de la population, soutenir les ménages, accélérer l’adaptation du territoire et donner aux services publics les moyens d’agir. “Aujourd’hui, la population vit l’urgence climatique dans sa chair et dans son portefeuille. Selon le SPF Santé publique, 78 % des gens soutiennent une action urgente. Ils demandent une écologie qui les protège.”, terminent Marie Colline Leroy et Gilles Vanden Burre.