Violences sexistes et sexuelles dans l'enseignement supérieur : Ecolo salue une avancée réelle, mais refuse le « chèque en blanc »
Le décret instaurant un dispositif de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans l’enseignement supérieur a été débattu ce jour au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.Si Ecolo reconnaît les avancées concrètes que porte ce texte, le groupe pointe également plusieurs lacunes importantes qui motivent une abstention à la fois exigeante et vigilante.
Le texte marque un progrès tangible : un point de contact identifié dans chaque établissement, un dispositif de traitement des plaintes et signalements, et la possibilité de s’adresser à une structure semi-externe au niveau des pôles territoriaux. « Partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, des dispositifs existeront enfin. Et cela compte », souligne M »argaux De Ré, députée Ecolo.
Ecolo se félicite également que plusieurs de ses propositions aient été intégrées au fil des débats, notamment concernant le suivi des auteurs et le recours à la justice réparatrice.
Pour autant, trois réserves majeures demeurent.
La première concerne l’absence de mécanisme de sanction lorsque l’auteur des faits est membre du personnel de l’établissement (professeur, assistant ou promoteur de thèse) alors même que ces situations sont souvent caractérisées par des rapports de pouvoir particulièrement marqués. « Sur un campus comme ailleurs, une victime est une victime. Sa protection ne devrait jamais dépendre du statut de son agresseur », insiste Margaux De Ré. « Nous appelons la Ministre à ouvrir sans délai le chantier d’un décret miroir pour les membres du personnel. »
Ecolo dénonce également le mode de financement retenu. Le dispositif sera financé à hauteur de 1,5 euro par étudiant prélevé sur les subsides sociaux existants. Pour le groupe écologiste, ce choix revient à mettre en concurrence des priorités pourtant complémentaires : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l’accompagnement psychologique des étudiantes et étudiants et la lutte contre la précarité. Afin d’éviter cette mise en concurrence, Ecolo a déposé un amendement demandant que cette somme soit intégralement compensée par le Gouvernement.
Ecolo plaide également pour la création d’un observatoire indépendant et scientifiquement robuste afin de prolonger le travail initié par le rapport BEHAVES et de disposer d’un suivi fiable de l’évolution du phénomène. « En matière de violences sexistes et sexuelles, on ne combat bien que ce que l’on mesure », rappelle la députée. Pour Ecolo, les avancées obtenues méritent d’être reconnues, mais elles ne peuvent faire oublier les améliorations encore nécessaires. « Nous ne faisons pas partie de celles et ceux qui considèrent que rien n’avance. Mais nous ne voulons pas non plus délivrer un chèque en blanc », conclut Margaux De Ré. « Notre abstention dit aux personnes concernées : nous continuerons à porter votre voix dans ce Parlement jusqu’à ce qu’aucune victime ne soit laissée de côté. »