Pour Ecolo : Le Gouvernement s'apprête à faire un cadeau de plusieurs milliards à Engie
Pour Ecolo, la décision du gouvernement d’ouvrir des négociations en vue du rachat des activités nucléaires d’Engie est profondément inquiétante. Derrière les termes prudents évoqués ce matin, se profile un engagement financier massif, sans vision énergétique claire pour le pays. “On est en train de préparer un chèque de plusieurs milliards d’euros… sans savoir précisément ce que l’on achète ni pourquoi”, dénoncent Marie Colline Leroy et Gilles Vanden Burre, les coprésidents d’Ecolo. “Car au-delà des mots, une question centrale s’impose : que rachète réellement l’État ? Des centrales en fin de vie, certes, mais surtout des coûts considérables et des risques financiers à long terme”.
Les provisions pour le démantèlement des centrales et la gestion des déchets nucléaires dépassent déjà les 18 milliards d’euros, et continuent d’augmenter. “Ce que l’État risque de reprendre, ce ne sont pas seulement des capacités de production, mais des décennies d’incertitudes, de dépassements budgétaires et de responsabilités qui devraient rester à charge de l’exploitant”, poursuit Marie Colline Leroy.
Pour les écologistes, cette opération pose une question de fond : pourquoi faire porter aux citoyens des risques que le secteur privé ne souhaite plus assumer ? “C’est une logique bien connue : privatiser les profits quand tout va bien, et faire reposer les pertes sur les épaules des citoyennes et des citoyens quand les risques deviennent trop élevés”, ajoute Gilles Vanden Burre.
Cette annonce intervient dans un contexte de forte tension énergétique. Les prix explosent, les inquiétudes sur l’approvisionnement grandissent, et les ménages comme les entreprises attendent des réponses concrètes. “Face à l’urgence, le gouvernement annonce… l’ouverture d’une négociation. Où est le plan ? Où sont les décisions pour sécuriser l’énergie à court terme ?”, demande la coprésidence d’Ecolo.
Ecolo pointe également une incohérence stratégique. Alors que la Belgique a été pionnière dans des filières d’avenir comme l’éolien en mer, ces dernières années ont vu un ralentissement de ces investissements. “Comment justifier que l’on freine les renouvelables tout en envisageant d’investir des milliards dans des infrastructures anciennes ?”
Pour Ecolo, cette orientation ressemble à une fuite en avant : coûteuse, tardive et déconnectée des priorités énergétiques du pays. “Peut-on sérieusement répondre à une crise immédiate avec des décisions qui prendront des années ? Peut-on engager des milliards d’euros publics sans cap clair ?”
Ecolo appelle le gouvernement à faire toute la transparence sur les coûts réels de cette opération et à présenter enfin une stratégie énergétique cohérente, qui sécurise l’approvisionnement tout en investissant résolument dans des solutions durables et locales. “La Belgique mérite mieux qu’un pari risqué avec l’argent des citoyens. Elle mérite une direction claire”, concluent Marie Colline Leroy et Gilles Vanden Burre.