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Le MR et les Engagés refusent la proposition d’Ecolo d’interdire l’usage de pesticides à proximité des captages d’eau

Publié le 10 mars 2026
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Après près de quatre mois d’inaction du Gouvernement wallon, le groupe Ecolo au Parlement de Wallonie a remis sur la table sa proposition visant à interdire la pulvérisation de pesticides dans les zones de captage d’eau potable. Objectif : protéger la santé publique et réduire la facture d’eau des ménages. Une proposition de bon sens que la majorité MR–Engagés a rejetée, sans proposer d’alternative. Pour les écologistes, il s’agit d’une attitude “totalement irresponsable”.

En novembre dernier, le groupe Ecolo déposait une proposition de décret visant à mieux protéger l’eau potable en interdisant les pesticides dans les zones de prévention de captage.  À l’époque, le Ministre de l’Environnement, Yves Coppieters, avait annoncé venir au Gouvernement deux jours plus tard pour y présenter des avancées en la matière.  15 semaines plus tard, soit près de 4 mois, aucun texte n’a été présenté au Gouvernement sur le sujet, aucune discussion n’a abouti, aucune décision n’a été prise et aucune perspective n’a été présentée par le Ministre.

Les acteurs de terrain s’étaient déjà impatientés face à l’inaction du Gouvernement.  Dans un courrier adressé le 13 janvier dernier au Parlement, médecins, scientifiques et organisations environnementales dénonçaient déjà le manque d’avancées quatre mois après les intenses auditions parlementaires consacrées aux pesticides.  En janvier toujours, des citoyens auditionnés au Parlement réclamaient une action résolue et urgente du Gouvernement. Mais le MR et les Engagés n’ont pas bougé. Pire, ils ont récemment confirmé leur refus d’agir en votant contre une proposition de loi fédérale déposée par Ecolo visant à interdire les pesticides contenant des PFAS, polluants éternels qu’il est urgent de supprimer de nos champs.

Las de cette inaction, les Écologistes ont donc ressorti ce jour leur proposition de décret pour mettre le Gouvernement face à ses responsabilités.

Car les enjeux sont réels. En Wallonie, environ 80 % de l’eau du robinet provient des nappes souterraines, dont plus de la moitié de ces réserves sont aujourd’hui en mauvais état chimique à cause d’une contamination excessive par les nitrates et les pesticides. Cette pollution entraîne des coûts importants pour dépolluer et rendre l’eau potable, qui sont finalement répercutés sur les consommateurs via leur facture d’eau.

Pour Écolo, il est donc essentiel et urgent d’agir à la source : empêcher ces pollutions avant qu’elles n’atteignent les nappes phréatiques. D’autant que l’impact de ces substances sur la santé humaine est réel : troubles neurologiques, diminution du quotient intellectuel, troubles de l’attention, maladies de Parkinson, d’Alzheimer et même cancers se multiplient.  Or, on le sait, 90% des enfants et adolescents wallons ont des traces de pesticides dans leur corps, selon le biomonitoring humain réalisé en 2020.

“Nous avons la responsabilité de protéger la santé publique, en intervenant à la source plutôt que de consacrer toujours plus d’argent à dépolluer ce qui aurait pu rester propre”, résume Céline Tellier, députée wallonne et primo-signataire de la proposition de décret.

Depuis 25 ans, des mesures de sensibilisation existent pour les agriculteurs concernés et depuis 10 ans, un accompagnement intense est mis en place pour les soutenir dans leur transition vers le “zéro phyto”.  Au total, plus de 100 millions d’euros ont déjà investis par la SPGE, et financés à la fois par les finances régionales et par la facture d’eau des consommateurs pour accompagner les agriculteurs concernés et les inciter à modifier leurs pratiques. “On ne peut donc pas dire qu’il n’y a pas eu de concertation ou qu’on prend les agriculteurs et agricultrices par surprise. L’heure est maintenant à l’action”, conclut Céline Tellier.

Rappelons que la proposition des Écologistes comprend un soutien financier aux agriculteurs pour l’éventuelle baisse de rentabilité en passant au bio.

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