Le Gouvernement wallon déforce la protection des riverains de l'aéroport de Charleroi : la communication du Gouvernement est une tromperie !
Le projet de décret modifiant la régulation du bruit à l’aéroport de Charleroi a été examiné cette semaine au Parlement de Wallonie. Pour les écologistes, le texte présenté par la Ministre Neven comme une « protection renforcée des riverains » constitue en réalité, derrière un habillage hermétique et trompeur, une normalisation et une augmentation potentielle du non-respect des horaires d’exploitation.
Le député écologiste, Stéphane Hazée, rappelle tout d’abord quelques chiffre mis en relief par l’Autorité de contrôle des nuisances sonores (ACNAW) et que le Gouvernement préfère taire : en 2024, il y a eu 1581 arrivées tardives en dehors de l’horaire officiel d’exploitation de l’aéroport, représentant 2 322 points du quota de bruit établi pour cadrer les atterrissages après 23h00. Le projet de décret veut désormais autoriser aux compagnies 3 500 points, soit une augmentation potentielle de l’ordre de 50% par rapport à la situation de 2024. C’est d’ailleurs aussi un chiffre qui n’a jamais été atteint à Charleroi ! Il n’y a donc là aucun renforcement de la protection, que du contraire.
Comme l’indique unanimement les trois syndicats et Canopea, “le survol des avions impacte la santé des riverains, comme conséquence la réduction de l’espérance de vie en bonne santé et le développement et l’apprentissage des enfants”.
Le sommeil ne peut pas être une variable d’ajustement. « Chaque nuit détériorée ou raccourcie, c’est de l’apprentissage en moins pour les enfants, c’est de la santé en moins pour les habitantes et habitants. Chaque décibel de trop, c’est de la vie en moins », indique le député ecolo et chef de groupe Stéphane Hazée. “Le bruit nocturne tue à petit feu. Ce n’est pas une opinion militante : c’est ce que disent l’OMS, l’Agence européenne de l’environnement, et les médecins.” martèlent les écologistes.
Par rapport à ces arrivées tardives qui sont en réalité systémiques, l’ACNAW recommandait pourtant, dès 2021, un plafond de 2 000 points de quota de bruit applicable immédiatement. Cinq ans plus tard et nonobstant une condamnation en justice ou des engagement pris dans le cadre du permis de l’aéroport, le Gouvernement repousse cet objectif à 2045. « Vingt ans. C’est le temps qu’il faudra à un enfant qui naît aujourd’hui à Gosselies pour atteindre l’âge adulte. Vingt ans pendant lesquels une recommandation sanitaire devient un horizon lointain. »