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Inondations: Ecolo-Groen souhaite des réponses dans les meilleurs délais

Publié le 9 août 2021
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Les terribles inondations des 13 et 14 juillet 2021 resteront inévitablement gravées dans la mémoire de nombreux Belges, avec des conséquences irréversibles pour de nombreuses villes et villages des vallées de la Hoëgne et de la Vesdre, notamment. Pour Ecolo, les nombreuses questions quant aux manquements au niveau de la Protection civile et au rôle de la Défense et des associations sur le terrain nécessitent un débat parlementaire, avant la rentrée.

Face à l’ampleur des dégâts, il faudra des mois, voire des années pour reconstruire les villes dévastées. Aujourd’hui, les caves se vident et la solidarité s’organise. Malheureusement, beaucoup s’interrogent: où était l’armée, à quoi sert la Protection civile, pourquoi les pompiers n’ont rien pu faire, et la Croix-Rouge? Il est donc nécessaire de tirer les leçons de la gestion de ces évènements. Julie Chanson, députée fédérale Ecolo et habitante de Theux, entend bien s’atteler à cette mission au Parlement fédéral en questionnant en première ligne les Ministres de l’Intérieur et de la Défense: « À ce stade, il semble important que l’on puisse organiser rapidement un débat au Parlement avec les Ministres compétents afin d’obtenir des réponses suite aux manquements, mais surtout les premiers éléments d’analyse ».

Car certaines villes ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes et le bilan est très lourd. Les premières heures après la catastrophe ont été les plus difficiles. Face à l’ampleur des dégâts, se relever semblait impossible. Julie Chanson revient sur les événements : « Dès les premières heures, alors que l’eau montait encore, j’aidais les voisins à mettre des sacs de sable devant chez eux. Les heures suivantes ont été les pires de ma vie. Au vu du stress généralisé, j’ai organisé un centre de dons avec des dizaines de bénévoles: nous avons distribué des vivres, des repas, des gants, des seaux, de l’eau, vider des maisons, etc. J’étais avec mes bottes, les pieds dans la boue, j’avais d’autres préoccupations que de me montrer sur les réseaux sociaux ».

Si de tels évènements mettent en lumière les failles et les défaillances d’un système, les critiques sur le terrain sont nombreuses : « J’ai passé plusieurs heures au téléphone entre la cellule de crise communale, le Gouverneur de la Province et les contacts à la Défense afin d’obtenir au plus vite une aide militaire à Theux. Au final, j’ai surtout obtenu beaucoup d’informations contradictoires. Certes, l’armée fait un travail incroyable depuis le début de cette catastrophe, mais je m’interroge réellement sur le rôle qu’elle a joué ou aurait pu jouer ainsi que sur sa capacité de réponse ».

De nombreuses critiques sont aussi formulées à l’égard de la Protection civile, victime d’une réforme colossale et dommageable en 2017, par l’ancien Ministre de l’Intérieur, Jan Jambon. Fermement critiquée depuis les bancs du Parlement, cette réforme avait été suivie par le dépôt d’une proposition de résolution cosignée par Ecolo, demandant sa révision. Quelques jours après la catastrophe, Julie Chanson constate que ses craintes de l’époque s’avèrent aujourd’hui bien réelles: suppression de casernes, réduction du personnel, réserve de volontaires en faction à leur domicile, aide logistique en attente, distribution d’eau potable qui n’arrive pas,… Autant de manquements que la députée écologiste déplore: « Le détricotement de la Protection civile est visible. Il est aujourd’hui impératif de repenser sa gestion, son rôle et son organisation. Nous devons évaluer et réviser cette réforme dès la rentrée parlementaire. Et assurer un pouvoir fédéral fort pour la coordination de la gestion de crise et une réflexion globale pour renforcer la sécurité civile ».

Enfin, Julie Chanson s’inquiète également du manque de coordination entre les services de l’État et les associations comme la Croix-Rouge. Sur le terrain, la colère est grande. Est-il normal d’attendre dix jours après une catastrophe pour avoir les premières aides? Il semble donc important de revoir l’articulation entre les différents acteurs mais aussi les protocoles d’urgence. En définitive, il est un constat sur lequel tout le monde s’accorde: la Belgique n’était pas prête. « À nous maintenant de combler rapidement cette faille pour ne pas avoir à revivre de tels évènements de la même manière. C’est une situation exceptionnelle que nous devons analyser pour prévenir au mieux les risques dans le futur et assurer la sécurité de tous », conclut Julie Chanson.

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