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La transition énergétique : les 10 choses à savoir

Publié le 4 janvier 2022
Rédigé par 
Ecolo

10 CHOSES À SAVOIR

  1. La consommation énergétique va drastiquement diminuer
  2. La consommation d’électricité va augmenter, et c’est tant mieux !
  3. La transition énergétique permettra d’augmenter l’indépendance énergétique de la Belgique
  4. Les lumières ne s’éteindront pas quand il y aura des nuages
  5. Le réseau a besoin de stabilité, la voiture électrique peut y contribuer
  6. La meilleure réponse à la hausse des prix, c’est la transition énergétique
  7. Protéger les plus vulnérables et les classes moyennes face à la hausse des prix de l’énergie est une priorité
  8. L’impact environnemental de l’éolien est limité
  9. La transition énergétique est un investissement rentable
  10. La transition énergétique sera créatrice d’emplois non délocalisables

Par Élodie Belleflamme, Conseillère Énergie du CJM.

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1. LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE VA DRASTIQUEMENT DIMINUER

Les études démontrant qu’une transition énergétique 100 % renouvelable est réalisable se comptent par dizaines. Elles partent d’un même postulat : la transition énergétique nécessite une diminution radicale de la consommation d’énergie, divisée par deux ou trois selon les scénarios (davantage technologiques ou comportementaux). La diminution la plus importante sera constatée dans le secteur du transport, suivi par le secteur du bâtiment et de l’industrie. Notre priorité en tant qu’écologistes est d’assurer l’isolation des bâtiments, l’efficience énergétique des entreprises et les changements de comportement rendant cette diminution possible.

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2. LA CONSOMMATION D’ÉLECTRICITÉ VA AUGMENTER, ET C’EST TANT MIEUX !

La demande d’énergie résiduelle sera principalement électrique. Alors que cette forme d’énergie représente seulement 23 % de l’énergie finale consommée en Europe aujourd’hui, elle couvrira 60 à 80 % de nos besoins d’ici à 2050. En effet, les usages de consommation tels que la voiture ou le chauffage, aujourd’hui alimentés par des énergies fossiles, deviendront électriques.

C’est une évolution que l’on appelle de nos vœux, et ce pour deux raisons. La première est qu’un moteur électrique est bien plus efficient. À titre d’illustration, une voiture électrique perd 10 % de son énergie dans le moteur, tandis qu’un moteur à combustion en perd 70 %, ce pourquoi une voiture fonctionnant à l’électricité produite par des centrales à charbon émet toujours 30 % de gaz à effets de serre en moins qu’une voiture diesel ou essence. La seconde est que cette électricité pourra être couverte par des énergies renouvelables et être décarbonée d’ici à 2050.

 

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3. LA TRANSITION PERMETTRA D’AUGMENTER NOTRE INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

Aujourd’hui, la Belgique est dépendante d’importantes quantités d’énergie fossile et d’uranium importées pour couvrir sa demande en énergie. En effet, 75 % de l’énergie consommée en Belgique provient d’importation d’énergie fossile, 91 % si l’on y ajoute l’uranium nécessaire aux centrales nucléaires. La transition énergétique nous permet de mettre fin à cette sur-dépendance. En quadruplant le rythme d’installation des capacités de production renouvelable sur le territoire belge, près de 50 % de notre demande en énergie pourrait être couverte à l’horizon 2050. Le solde pourra être importé de pays voisins puisqu’au niveau européen, la transition énergétique permet de se rapprocher de l’autosuffisance énergétique.

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4. LES LUMIÈRES NE S’ÉTEINDRONT PAS QUAND IL Y AURA DES NUAGES

Les détracteurs des énergies renouvelables se complaisent à dire que la transition énergétique est un objectif inatteignable, l’éolien et le solaire ne produisant de l’énergie que lorsque la météo le permet. C’est faux. Il est tout à fait possible de compenser cette intermittence, que ce soit à l’échelle d’une journée, d’un mois ou encore d’une année. D’abord, cela est possible parce que l’éolien et le photovoltaïque sont complémentaires à l’échelle d’une année, le photovoltaïque produisant davantage en été et l’éolien en hiver. À cela s’ajoutent les interconnexions européennes, qui permettent cette fois de couvrir les creux hebdomadaires. Moduler les moments de consommation permet de gérer l’intermittence journalière. Pour les rares heures où ces mécanismes ne suffisent pas, des centrales fonctionnant à l’hydrogène vert ou du biométhane peuvent être activées.

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5. LE RÉSEAU A BESOIN DE STABILITÉ, LA VOITURE ÉLECTRIQUE PEUT Y CONTRIBUER

L’électricité ne se stocke pas ou difficilement. À chaque instant, la puissance électrique injectée sur le réseau doit être consommée simultanément, au risque, sinon, de créer un black out. Un électron produit qui ne pourrait pas être consommé n’a donc aucune valeur, il est même possible qu’un producteur doive payer pour injecter de l’électricité sur le réseau. C’était le cas le 13 avril 2020, lorsque les producteurs ont dû payer 115 € par MWh, ce qui a poussé la mise à l’arrêt de nombreuses éoliennes. Ainsi, pour assurer une transition énergétique fiable et peu onéreuse, il est nécessaire de mettre en place des moyens de “flexibilité” permettant de mieux faire correspondre l’offre et la demande. La voiture électrique est un des outils qui permettront d’y parvenir, puisque leurs batteries peuvent être appelées à consommer l’électricité en cas de trop plein d’électricité et à réinjecter l’électricité sur le réseau en cas de pénurie.

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6. LA MEILLEURE RÉPONSE À LA HAUSSE DES PRIX, C’EST LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Nous sommes actuellement dépendants d’énergie fossile dont les prix ne cessent d’augmenter. L’unique solution structurelle permettant de faire face à cet enjeux est la diminution de la consommation d’énergie et la production d’énergies renouvelables. La hausse des prix de l’énergie a d’ores et déjà coûté 1,8 milliards d’euros supplémentaires en importation. Les mesures tarifaires que peuvent prendre nos différents gouvernements peuvent soulager les ménages et les industries, mais in fine ce coût est simplement réparti entre les acteurs belges. À l’inverse, investir dans l’isolation des maisons et dans la production d’énergie photovoltaïque et éolienne représente des centaines d’euros d’économie pour les ménages et des milliers d’euros pour nos PMEs, dès à présent.

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7. PROTÉGER PLUS VULNÉRABLES ET CLASSES MOYENNES FACE À LA HAUSSE DES PRIX DE L’ÉNERGIE EST UNE PRIORITÉ

Les prix de gros du gaz et de l’électricité se sont envolés. En moyenne, les factures de gaz ont doublé en un an, celles de l’électricité ont augmenté de 44 %. A court terme, il est nécessaire de protéger les plus vulnérables face à cette hausse de prix. La priorité est naturellement de prolonger les mesures sociales prises lors de la crise sanitaire, tel que le refinancement des CPAS et l’extension du tarif social – un tarif préférentiel basé sur l’offre la moins chère du marché et dont l’augmentation est limitée – aux personnes bénéficiant de l’intervention majorée, c’est-à-dire aux ménages ayant des revenus particulièrement bas. La prolongation jusque juin 2022 de l’extension du tarif social, adoptée par le gouvernement, était prioritaire pour les écologistes.

Aussi, il est essentiel de soutenir la classe moyenne, également touchée par cette hausse des prix. Afin de soulager ces ménages, le gouvernement s’est accordé sur la distribution d’une prime de 100 € ainsi qu’une baisse temporaire de la TVA sur l’électricité à 6 %. L’aspect temporaire est essentiel puisqu’à terme, une telle modification privilégierait davantage les consommateurs aisés. Enfin, les écologistes préconisent une réforme plus structurelle permettant de moduler les autres composantes de la facture d’énergie, et ce afin de garantir l’abordabilité de l’énergie et des prix compétitifs en comparaison aux pays voisins.

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8. L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DE L’ÉOLIEN EST LIMITÉ

L’éolien n’est pas sans défaut mais est un moyen de production d’électricité particulièrement propre en comparaison aux autres technologies disponibles. Sur l’entièreté de son cycle de vie (de la fabrication au démantèlement), l’éolien est la source la plus propre en termes de gaz à effets de serre. Qui plus est, l’énergie nécessaire à la construction de l’éolienne est produite en 12 mois, laissant alors 24 ans de production libérée de toute dette énergétique. Quant à l’impact sur la faune et la flore, les critiques sont à relativiser, les éoliennes étant mises à l’arrêt lorsque les conditions sont favorables au vol de chauves souris ou qu’il y a passage d’oiseaux migrateurs.

À ces stratégies d’évitement, les promoteurs éoliens se voient dans l’obligation de compenser largement l’impact environnemental que pourrait avoir leur projet sur un territoire. En ce qui concerne les composantes de l’éolienne, précisons qu’il n’y a pas de terres rares – qui ne le sont pas réellement – dans les éoliennes terrestres installées en Wallonie et des alternatives existent pour ne plus y recourir dans les éoliennes en mer. À cela, ajoutons que 98 % de la masse d’une éolienne est recyclable, en ce compris le socle en béton, le mat et le rotor. Seules les pales nécessitent la création d’une nouvelle filière de démantèlement, mais qui se met progressivement en place à l’heure actuelle.

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9. LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EST UN INVESTISSEMENT RENTABLE

La transition énergétique est un investissement, elle aura un coût. Mais comme le démontre Climact et Vito dans leurs scénarios pour une Belgique climatiquement neutre à l’horizon 2050, les réductions liées au coût du carburant compenseront les augmentations des dépenses d’investissement.

D’autres études ont tenté de quantifier l’impact économique des politiques de décarbonation et ont ainsi mis en avant qu’en Belgique, l’on pouvait s’attendre à une augmentation de notre PIB de 2 % d’ici à 2030, la troisième plus grande augmentation après la Lettonie et Malte. Cette augmentation surpasse largement la moyenne européenne, qui est de 1,1 %. À l’inverse, l’inaction face au changement climatique aura un coût élevé. Si le rythme actuel du réchauffement climatique se poursuit, les dommages économiques atteindront 10 % du PIB au niveau mondial, 2 % du PIB au niveau belge d’ici à 2050 (principalement causés par des chaleurs extrêmes, les sécheresses et les inondations).

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10. LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE VA CRÉER DES EMPLOIS NON DÉLOCALISABLES

Une Belgique qui respecte ses engagements climatiques permettra la création de 80.000 emplois d’ici à 2030. D’abord, parce que les énergies renouvelables sont bien plus intensives en termes d’emplois que les unités de production d’électricité conventionnelle, ces premières créant jusqu’à 6 fois plus d’emplois.

À cela s’ajoutent les chaînes de production et les milliers d’emplois créés dans le secteur de la rénovation. Selon Eurofond, la Belgique est le pays européen au sein duquel la lutte contre le réchauffement climatique permettra de créer le plus d’emplois. À nous d’investir et de mettre les filières nécessaires en place pour permettre ce renouveau économique.

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