Violences sexistes et sexuelles en politique : Ecolo en faveur de communes sûres et inclusives
Ce mardi en commission Egalité, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale a adopté une résolution portée par ECOLO. Le texte vise à généraliser dans la Région bruxelloise les bonnes pratiques de la commune de Schaerbeek, première commune belge à s’être dotée d’une Charte d’engagement et d’actions contre les violences sexistes et sexuelles en politique.
“Les violences sexistes et sexuelles traversent l’ensemble de la société, y compris le monde politique. Longtemps tues, elles ont été mises en lumière par le mouvement #MeToo dès 2017, puis par de nombreuses enquêtes et témoignages en Belgique. Aujourd’hui, le constat est sans appel : ces violences sont systémiques, touchent tous les niveaux de pouvoir et menacent directement la qualité de notre démocratie.” déclare Farida Tahar, députée écologique
En 2018 déjà, une enquête révélait que près d’une élue sur cinq avait subi du harcèlement sexuel durant son mandat. En novembre 2022, plus de 120 femmes politiques belges ont dénoncé publiquement des comportements sexistes, sexuels et psychologiques au sein du monde politique, appelant à rompre le tabou et l’omerta. En février 2025, une étude de l’UGent et de l’ULB, publiée par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, confirmait l’ampleur du sexisme auquel font face les candidates politiques lors des élections.
“Ces violences ne sont pas seulement des atteintes individuelles : elles constituent un problème démocratique majeur. Lorsqu’elles se produisent dans les lieux où se prennent les décisions, elles découragent l’engagement, réduisent la diversité des voix et fragilisent la confiance dans les institutions.” ajoute Margaux De Ré.
Malgré certaines avancées (plans de lutte contre les violences basées sur le genre, développement des Centres de prise en charge des violences sexuelles, adoption de la loi Stop Féminicide) de graves lacunes persistent dans le monde politique : absence de dispositifs de signalement sécurisés, manque de codes de conduite contraignants et absence d’instances indépendantes pour traiter les plaintes.
La résolution portée par Ecolo repose sur six axes stratégiques concrets :
- créer des espaces politiques sûrs pour les femmes dans les 19 communes bruxelloises ;
- former et sensibiliser les mandataires et le personnel communal aux violences sexistes et sexuelles ;
- mettre en place des procédures de signalement claires, accessibles et indépendantes ;
- renforcer la prévention et la sensibilisation citoyenne, notamment dès l’école ;
- assurer un suivi démocratique et une évaluation régulière des mesures ;
- intégrer pleinement la dimension de genre dans l’ensemble des politiques publiques.
“La politique doit être exemplaire. Tant que des femmes renoncent à s’engager par peur de violences ou de représailles, notre démocratie est incomplète. Avec cette résolution, Ecolo veut faire de chaque commune bruxelloise un espace politique sûr, féministe et inclusif”, conclut Farida Tahar.