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Pesticides et captages d'eau :un accord trop flou pour rassurer

Publié le 29 mai 2026
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Six mois après les annonces prometteuses de novembre dernier, plus d’un an après le début des auditions obtenues par Ecolo au Parlement, le Gouvernement wallon a finalement abouti ce 28 mai à un accord sur la protection des captages d’eau potable face aux pesticides.

Force est de constater que l’accord présenté soulève autant de questions qu’il n’en résout. Derrière une « trajectoire phasée » annonçant une “réduction des pesticides” dont “la mise en oeuvre s’inscrit dans les années 2028 à 2032”, c’est surtout une nouvelle phase de concertation avec les seuls représentants du secteur agricole qui s’ouvre alors qu’elles durent déjà depuis de nombreuses années.

Un accord qui reporte l’essentiel

Un accord… mais sur quoi ?  Une “réduction des pesticides”, c’est-à-dire ? À partir de quand ?  On ne sait pas trop.

Le périmètre d’action reste à définir : quelles substances actives sont visées ? Dans quelles zones exactement ? À quelles échéances précises ? Ces questions fondamentales seront renvoyées à des groupes de travail dont les conclusions ne sont attendues que dans 18 mois. Concrètement, rien n’est encore inscrit dans le marbre mais les concertations se poursuivent. Finalement, rien de neuf.

Surtout, si Ecolo partage pleinement l’importance de prévoir des dispositifs d’accompagnement technique et financier pour le secteur agricole, nous souhaitons que le périmètre d’application de ce qui devrait être une interdiction de l’ensemble des pesticides chimiques de synthèse ne puisse être défini autrement que sur des bases objectives et scientifiques. “Il ne peut y avoir de marchandage politique quand on parle de santé publique”, résume Stéphane Hazée, chef de groupe.

La nécessité d’un décret, pas d’une déclaration d’intention

Seul un décret contraignant peut garantir une protection réelle et durable de nos captages. En novembre dernier, Ecolo avait déposé une proposition de décret en ce sens, rejetée par le MR et les Engagés. Nous continuons à défendre cette voie législative et veillerons à soutenir un décret ambitieux au Parlement.

Ecolo l’a dit et le répète, il est urgent d’agir car les enjeux sont réels. En Wallonie, 80 % de l’eau du robinet provient des nappes souterraines, dont plus de la moitié sont aujourd’hui en mauvais état chimique en raison d’une contamination excessive aux nitrates et aux pesticides. Cette pollution engendre des coûts de traitement considérables pour rendre l’eau potable, répercutés in fine sur la facture des consommateurs. Les effets des pesticides sur la santé humaine sont documentés et préoccupants : troubles neurologiques, maladies de Parkinson, d’Alzheimer, cancers, diminution du quotient intellectuel chez les enfants, …. “Agir à la source et empêcher ces substances d’atteindre nos nappes phréatiques n’est pas une option parmi d’autres. C’est une nécessité. Il est temps que le MR et les Engagés arrêtent de tergiverser et passent aux actes.” conclut Bénédicte Linard, députée wallonne.

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