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Le Parlement bruxellois reconnaît les violences gynécologiques et obstétricales : une avancée majeure pour les droits des femmes

Publié le 20 janvier 2026
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Ce mardi en commission Egalité, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale a adopté une résolution majeure pour les droits et la santé des femmes à l’unanimité sauf abstention du groupe MR. 

À l’initiative des députées bruxelloises Margaux De Re (Ecolo) et Farida Tahar (Ecolo), le Parlement reconnaît formellement les violences gynécologiques et obstétricales comme une réalité vécue par de nombreuses femmes, comme un problème de santé publique et comme une violence fondée sur le genre. “Par ce vote, le Parlement bruxellois dit enfin clairement ce que des milliers de femmes vivent, souvent dans le silence : ce qui se passe dans un cabinet médical ou en salle d’accouchement peut aussi être une violence”, souligne Margaux De Re.

Les chiffres sont sans appel. En Belgique, au moins une femme sur cinq déclare avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales, et jusqu’à une femme sur trois vit son accouchement comme une expérience traumatisante. Derrière ces chiffres, il y a des corps et des vécus qui marquent parfois pour la vie. Les pratiques médicales varient fortement selon les lieux : à Bruxelles, environ 15 % des accouchements donnent lieu à une épisiotomie, contre près de 34 % en Flandre. Ces écarts ne s’expliquent pas par les différences entre le corps de chaque femme, mais par des choix de pratiques et d’organisation des soins. Ils ont des conséquences lourdes sur la santé mentale, durant la périnatalité, période marquée par une grande vulnérabilité. Aujourd’hui, le suicide constitue d’ailleurs la première cause de mortalité chez les jeunes mères.

La résolution met des mots précis sur ce que vivent de nombreuses femmes : gestes pratiqués sans explication suffisante ou sans consentement clair, interventions devenues routinières sans justification médicale, paroles humiliantes ou culpabilisantes, douleur minimisée, choix des femmes ignorés ou soins organisés avant tout pour répondre aux contraintes du système plutôt qu’aux besoins des patientes. Elle rappelle aussi une réalité essentielle : toutes les femmes ne sont pas égales face à ces violences. Les femmes en situation de précarité, de handicap, de vulnérabilité psychique ou disposant de moins de ressources y sont davantage exposées et moins entendues.

Face à ces constats, le texte adopté formule des demandes concrètes : reconnaissance explicite des violences gynécologiques et obstétricales, collecte de données officielles et transparence accrue des pratiques médicales. Les femmes doivent pouvoir accéder aux données concernant les épisiotomies, césariennes et déclenchements, et leur expérience doit enfin être prise en compte, notamment via des enquêtes de satisfaction généralisées.

La députée Farida Tahar insiste sur un principe fondamental : “les femmes ont le droit de comprendre, de choisir et de consentir librement, à chaque étape de leur parcours de soins. Il est indispensable de mieux prévenir et mieux prendre en charge la santé mentale périnatale, en formant le personnel soignant aux risques de traumatismes, de stress post-traumatique et de dépression postnatale”.

Le texte rappelle enfin que le manque d’accès aux soins constitue en soi une forme de violence et appelle à une attention particulière aux femmes les plus vulnérables, au développement d’alternatives respectueuses à l’hôpital et à des normes de qualité centrées sur le bien-être des femmes.

Par cette résolution, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale affirme une conviction forte, au cœur des valeurs écologistes : prendre soin des femmes, de leurs corps et de leur santé n’est pas un détail technique, mais un choix de société. “Cette reconnaissance formelle est une étape essentielle pour faire évoluer les pratiques et garantir à toutes les femmes des soins respectueux, dignes et fondés sur leurs droits”, conclut Margaux De Re.

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