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Protéger contre la vie chère [1er mai]

Publié le 1 mai 2022

Tout augmente. La flambée des prix de l’énergie en particulier, mais aussi des produits alimentaires plongent des centaines de milliers de familles dans le désarroi et la précarité. La vie chère, ce n’est pas qu’une question de chiffres. C’est avant tout des vies abîmées par la souffrance au quotidien, l’angoisse du lendemain et des calculs impossibles.

 

Un 1er mai mobilisé

Des femmes et des hommes qui n’ont plus rien une fois les factures payées, qui doivent choisir entre se chauffer et remplir leur frigo. Des travailleurs et des travailleuses dans le secteur du nettoyage, des titres-services ou dans l’enseignement pour qui se rendre sur leurs différents lieux de travail coûte autant que ce qu’il leur rapporte. Des mamans solos qui étaient déjà hier en mode survie et se retrouvent aujourd’hui incapables, après avoir sacrifié leurs propres besoins, de subvenir à ceux de leurs enfants comme elles le voudraient. Cette urgence sociale ne concerne pas seulement les classes populaires, mais également les classes moyennes et les plus petits indépendants qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

En réponse, nos gouvernements, au fédéral, à Bruxelles et en Wallonie ont pris des mesures pour aider les ménages les plus durement touchés à faire face. À lui seul, le gouvernement fédéral a mobilisé en l’espace de 4 mois plus de 3 milliards d’euros pour les protéger contre la vie chère. Pour Ecolo, il est fondamental que ces mesures soient prolongées et étendues. Mais ce ne sera pas suffisant.

Les rustines sont nécessaires, mais ne suffisent plus. Face à la flambée des prix, la seule réponse durable, réaliste et responsable, c’est la hausse des salaires et des allocations sociales, et non pas la multiplication des aides ponctuelles et des mesures d’exception, par définition temporaire. Ecolo plaide pour des mesures qui soulagent la détresse des familles qui souffrent sous l’effet de la flambée des prix. L’État doit continuer à assumer son rôle de protecteur, mais il est temps faire contribuer les épaules les plus larges, en commençant par les grandes entreprises, en particulier dans le secteur énergétique, qui ont réalisé d’importants surprofits dans ce contexte de flambée des prix.

 

4 objectifs clairs

Augmenter les salaires

  • Sortir du carcan de la loi de 1996 sur la compétitivité pour redonner des marges de négociation salariale aux travailleuses et travailleurs.
  • Refuser tout saut d’index et plaider pour une harmonisation « par le haut » les mécanismes d’indexation automatique afin de permettre à tous les salariés du privé d’être protégés contre les hausses de prix sans effet de retard.
  • Introduire un crédit d’impôt sur les bas salaires et une réorientation des réductions de cotisations sur les plus bas salaires (0 % au niveau du salaire minimum)

Augmenter les allocations sociales

  • Relever toutes les allocations sociales au dessus du seuil de pauvreté (RIS, GRAPA, etc.) et revaloriser les allocations familiales pour les familles monoparentales.
  • Automatiser l’accès à toutes les aides sociales afin de permettre la diminution du non-recours des personnes qui y ont droit, mais ne les demandent par fautes d’informations.
  • Pérenniser et étendre la tarification sociale de l’énergie.

Faire contribuer les plus riches à l’effort de solidarité

  • Poursuivre l’effort de diminution de la facture énergétique des ménages en taxant les surprofits des grandes entreprises du secteur des énergies fossiles réalisées grâce à la flambée des prix.
  • Instaurer une cotisation de crise sur les patrimoines supérieurs à 1 million d’euros à hauteur de 1 à 1,5 %.
  • Appliquer une globalisation des revenus, via une fiscalité similaire et progressive aux revenus du travail et aux revenus du capital, afin de mieux récompenser le travail et mieux faire contribuer la rente financière.

Revaloriser les pensions et faire reculer les inégalités entre les femmes et les hommes

  • Mener à bien la revalorisation de la pension minimum à 1500 euros net d’ici 2024 pour une carrière complète décidée par le gouvernement fédéral qui bénéficiera à un salarié sur 4 et à deux indépendants sur trois.
  • Assimiler du temps partiel à un temps plein dans le calcul de la pension pour permettre aux femmes de bénéficier d’une pension digne. Aujourd’hui, les femmes ont des pensions de 33% moins élevées que celles des hommes. Pourquoi ? Parce que leur travail « invisible » n’est ni reconnu ni rémunéré. Dans le système actuel, cette injustice en engendre une autre : le basculement des femmes dans la pauvreté à l’âge de la pension. Il faut corriger le système pour plus de justice et d’égalité.

 

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