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L’égalité entre femmes et hommes, ça passe aussi par l’élimination des écarts de salaire et de pension 

6 mars 2020
L’égalité entre femmes et hommes, ça passe aussi par l’élimination des écarts de salaire et de pension 

Ce dimanche 8 mars, journée internationale de lutte pour les Droits des femmes, des milliers de femmes descendront dans la rue pour réclamer la fin des inégalités entre les femmes et les hommes dans notre pays comme ailleurs. Cette année, la manifestation aura lieu avec un regard porté particulièrement sur les inégalités de genre au niveau social.

À Liège comme à Bruxelles, les écologistes seront aux côtés des manifestantes et continuent de faire de l’égalité entre femmes et hommes une priorité : « La lutte est encore longue pour arriver à une véritable égalité de fait, mais nous ne lâcherons pas le morceau », souligne Sarah Schlitz, députée fédérale écologiste.

« En ce moment au Parlement, on débat beaucoup de la GRAPA, une allocation destinée aux personnes âgées précarisées, et des contrôles intrusifs que subissent ses bénéficiaires. Il faut savoir que sur trois personnes âgées qui touchent la GRAPA, deux sont des femmes. C’est lié au fait qu’une femme touche en moyenne une pension 26 % inférieure à celle d’un homme. Nous considérons dès lors que les réformes liées aux pensions doivent systématiquement être analysées en y intégrant la dimension de genre, ce qui n’a pas été le cas, tout au contraire, au cours de la législature passée », conclut-elle.

L’écart entre les pensions des femmes et des hommes est la conséquence de l’écart salarial que les femmes subissent tout au long de leur carrière. C’est donc aussi à ce niveau qu’il faut agir. Les écologistes ont déposé à la Chambre une proposition de loi visant à lutter activement contre les inégalités salariales, notamment en réclamant de la part des entreprises la publication anonymisée des salaires et leur répartition par genre. Pour les entreprises où un écart salarial serait constaté, elle prévoit la mise sur pied d’un plan d’action obligatoire. Ces plans d’action existant à l’heure actuelle de manière facultative.

En outre, les écarts de pension qui existent entre femmes et hommes sont lié aux écarts de salaire entre ces femmes et hommes, mais sont aussi dûs à la répartition du temps de travail en hommes et femmes. Ainsi, en Belgique, si le nombre de femmes actives sur le marché de l’emploi continue d’augmenter, 79 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, qui effectuent par ailleurs un travail non rémunéré pourtant essentiel à la société (garde malade, élever les enfants, travaux domestiques,…)

« Une femme qui travaille une grande partie de sa vie à temps partiel percevra une pension plus faible que si elle travaille à temps plein car le travail non rémunéré n’est pas comptabilisé. Pourtant, une aidante proche fait économiser en moyenne 1197 euros par mois à la société ! Cela la met dès lors dans une position de dépendance financière, durant sa carrière et surtout après sa retraite. Il est donc primordial d’en tenir compte si nous voulons permettre à chacune de vivre décemment une fois sa carrière terminée. N’oublions pas non plus que certaines femmes subissent davantage ces inégalités que d’autres : les femmes issues de l’immigration ou faiblement diplômées sont plus fortement touchées », ajoute Sarah Schlitz. « Pour réduire les inégalités de genre, nous travaillons sur d’autres fronts encore, en plaidant pour un allongement du congé de paternité ou en luttant pour revoir fondamentalement les conditions de contrôles de la GRAPA qui sont particulièrement violentes. Nous avons aussi fait voter en juillet une loi accordant des droits sociaux pour les aidants proches dont on sait que 65 % sont des femmes. Nous attendons toujours qu’elle soit enfin d’application », conclut Sarah Schlitz.

Le 8 mars et tous les autres jours de l’année, les écologistes continueront à oeuvrer pour des mesures fortes pour les droits des femmes.