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Faire voler des avions vides, une absurdité à laquelle il faut mettre fin sans tarder

10 mars 2020
Faire voler des avions vides, une absurdité à laquelle il faut mettre fin sans tarder

En raison du coronavirus, les compagnies aériennes constatent que jusqu’à 50% des passagers prévus ne se présentent pas au départ de leurs vols. Malgré cela, des compagnies aériennes font le choix de faire voler leurs avions vides ou à moitié vides, de peur de perdre leurs droits d’atterrissage dans les aéroports concernés. Aux yeux des écologistes, la crise sanitaire permet une nouvelle fois de mettre en lumière le non sens de certaines décisions, guidées uniquement par des logiques économiques aux antipodes de celles que nous devrions prendre dans le contexte d’urgence climatique. Ils appellent les autorités concernées à une réaction rapide à cette situation.

La raison de cette situation est connue : les droits d’atterrissages consistent en l’attribution de plages horaires spécifiques pour atterrir et décoller. Les compagnies aériennes qui remplissent moins de 80% de ces emplacements craignent de perdre leur droit à l’atterrissage et les avantages économiques qui vont avec.

Mais ce n’est, pour les écologistes, pas une justification audible. La députée fédérale Sarah Schlitz demandait ce mardi après-midi que le ministre de la mobilité François Bellot entame un dialogue avec la Commission européenne et l’organisation internationale des compagnies aériennes (IATA) pour mettre fin immédiatement à cette absurdité.

« Il est absurde d’envoyer des avions vides dans les airs. Ecolo demande la suspension du système des droits d’atterrissage tant que les mesures liées au coronavirus seront en vigueur », commente Sarah Schlitz.

« Chez nos voisins aussi la discussion fait rage et les gens appellent à une suspension temporaire de la règle des 80%. Plusieurs Gouvernements ont interpellé la Commission européenne en ce sens. La Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a d’ailleurs entendu cet appel et a annoncé cet après-midi que des mesures allaient être prises pour mettre fin à cette situation. Nous nous en félicitons et continuerons à veiller à ce que les compagnies aériennes cessent de faire voler des avions quasi vides, uniquement pour préserver leurs droits. Il s’agit d’une situation particulièrement incompréhensible, surtout face à l’enjeu du réchauffement climatique et à l’engagement des Etats à réduire leurs émissions de CO² ! Nous n’en resterons pas là. Il faut un avant et un après le coronavirus. Ces pratiques d’un autre siècle qui encouragent à maximiser le nombre de vols, peu importe le nombre de voyageurs, doivent s’éteindre », continue Sarah Schlitz.

De son côté, le député Ecolo wallon Christophe Clersy interrogera prochainement le Ministre Crucke afin de faire le point sur l’impact de cette réglementation en Wallonie. « Cette pratique de faire voler des avions vides est surréaliste mais surtout insensée tant d’un point de vue environnemental que d’un point de vue économique. En Europe, les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien ont doublé depuis 1990 et pourraient tripler d’ici à 2050 sans action politique d’envergure. Ecolo attend de la Wallonie qu’elle porte une parole forte sur le sujet. Les citoyennes et les citoyens ne comprendraient pas qu’il en soit autrement ! » conclut Christophe Clersy.

Les Ecologistes, en Wallonie, au Fédéral comme à l’Europe, continueront de suivre la situation de près et saluent la décision de la Commission européenne de prendre la situation au sérieux.