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LE SÉNAT VEUT INTENSIFIER LA LUTTRE CONTRE LA DÉSINFORMATION

Publié le 19 novembre 2021
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Le rapport d’informations présente plus de 50 recommandations pour lutter contre les fake news.

En plénière aujourd’hui, le Sénat a approuvé un rapport d’informations sur la lutte contre la désinformation (fake news). Par ce vote, le Sénat rappelle le danger que représente la désinformation pour le bon fonctionnement de nos institutions démocratiques. Un rapport qui compte 53 recommandations en vue d’améliorer la lutte contre les fausses informations, via une double approche : renforcer la lutte active contre la désinformation et sensibiliser les citoyens afin qu’ils soient plus conscients du danger et donc plus prudents face aux diverses tentatives (inter)nationales d’ébranler notre démocratie.

Le phénomène des fake news n’est pas nouveau. Déjà diffusées par le passé pour des raisons politiques ou économiques, avec la croissance rapide d’Internet et des médias sociaux, les fakes news circulent désormais plus rapidement et à une échelle beaucoup plus grande. Avec un impact direct sur notre État de droit, à cause de groupes (inter)nationaux qui tentent d’ébranler la confiance des citoyens envers nos institutions.

Les services de sécurité mettent en garde contre un danger croissant

Ces derniers mois, le Sénat a donc rédigé un rapport d’informations sur base de huit auditions d’experts belges et étrangers, ainsi que des représentants des médias sociaux (Facebook, Google,…). Au cours de ces auditions, les services de sécurité ont mis en garde contre le danger croissant de la désinformation pour notre démocratie. Le rapport voté ce jour reprend les principales conclusions de ces auditions et 53 recommandations concrètes pour contrer la désinformation, que ce soit sur Internet ou dans la vie réelle. Des recommandations adressées à tous les gouvernements de notre pays, tant régionaux que fédéral, ainsi qu’à l’Union européenne.

Parmi les recommandations principales, il y a celle d’obtenir plus de transparence quant au fonctionnement des algorithmes que les médias sociaux utilisent pour déterminer quels contenus un utilisateur peut voir ou non.

Plus de transparence de la part des médias sociaux

Les auditions ont démontré que les algorithmes des médias sociaux préfèrent montrer les fake news car elles contiennent souvent des contenus polarisants qui provoquent plus d’interactions. Avec le risque de créer des “chambres d’écho”, où les utilisateurs ne sont que renforcés dans leurs convictions sans être confrontés à d’autres opinions. Le Sénat veut donc obliger les médias sociaux à revoir le fonctionnement de leurs algorithmes et à donner aux utilisateurs la possibilité de déterminer eux-mêmes le contenu qu’ils sont amenés à voir, notamment par l’utilisation de logiciels “intermédiaires” indépendants.

L’attribution de labels de qualité est un autre moyen fiable pour lutter contre la désinformation. L’utilisateur a ainsi la certitude que le message répond à toutes les exigences d’une information indépendante et véridique. Et via le bouton “Lire la suite”, le Sénat veut permettre aux utilisateurs d’obtenir plus d’informations sur un sujet particulier.

Responsabilité des élus et partis politiques

Les élus politiques font également partie des solutions dans la lutte contre la désinformation. Les partis et les responsables politiques ont une responsabilité et des moyens pour agir contre la désinformation. Le Sénat souhaite donc compléter le code déontologique pour les titulaires de fonctions politiques en instaurant l’obligation de transparence en matière de publicités politiques et l’interdiction de diffuser délibérément une fausse information ou d’utiliser des robots ou de faux comptes.

Enfin, les services de sécurité, qui sont les mieux placés pour combattre la désinformation, doivent recevoir un soutien financier supplémentaire. Et les médias traditionnels doivent également pouvoir compter sur un soutien similaire pour une meilleure coordination et un renforcement de vérification des faits. Ceux-ci étant essentiels dans la lutte contre la désinformation.

Des citoyens informés et prudents

D’autres recommandations du rapport d’informations soulignent l’importance de sensibiliser les citoyens et de les rendre plus prudents. La désinformation représente un danger pour tous les âges: jeunes et moins jeunes. Le Sénat souhaite donc développer et renforcer l’éducation aux médias à tout âge. Il s’agit de comprendre l’information, mais aussi de comprendre les mécanismes de diffusion de l’information via les plateformes médiatiques. La fracture numérique n’est pas à perdre de vue, non plus.

Le Sénat plaide également pour une utilisation intensive de l’intelligence artificielle afin de détecter plus rapidement la désinformation. Avec une coopération internationale renforcée dans la lutte contre la désinformation, notamment dans un cadre européen.

Les rapporteurs de ce rapport d’informations sont le rapporteur principal, Tom Ongena (Open Vld), ainsi que Hélène Ryckmans (Ecolo-Groen), Fatima Ahallouch (PS), Karin Brouwers (CD&V) et Maaike De Vreese (N-VA). Le rapport d’informations a été approuvé ce jour en séance plénière du Sénat.

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