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Commission passé colonial: Pour Ecolo, excuses, réparations et travail sur les conséquences de la colonisation sont nécessaires

Publié le 22 novembre 2022
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Ecolo salue la proposition de rapport présentée par le Président de la Commission spéciale sur le Passé colonial de la Belgique ce mardi. Pour Guillaume Defossé, député fédéral, les recommandations de ce rapport semblent être un bon compromis sur base des constats et conclusions effectués par les experts scientifiques qui ont accompagné la commission et sur base des positions exprimées par les différents partis au sein de la commission.

Pour Guillaume Defossé, il est important de revenir sur les leçons tirées de cette commission. Après deux ans de travail, une mission dans les trois anciens pays colonisés et environ 400 personnes auditionnées ou rencontrées sur place couvrant un large spectre scientifique, associatif, artistique et institutionnel, les conclusions sont claires. Le système colonial mis en place par la Belgique avec le soutien des Eglises et des entreprises coloniales était basé sur la violence, la discrimination, le racisme et l’exploitation des êtres humains et des ressources naturelles. A ce titre, il est clair que les populations ont connu des violences de grande ampleur qui ne relevaient pas d’actes isolés mais bien d’un système. Il est également apparu qu’il existait une continuité de pratiques entre l’État Indépendant du Congo et le Congo belge. Il est donc nécessaire que des excuses globales soient présentées au nom de la continuité des institutions belges et que des réparations soient instaurées.

« Une démocratie comme la nôtre peut-elle encore continuer à éviter habilement de reconnaître sa responsabilité dans une des expressions les plus flagrantes de violation des droits humains, à savoir la colonisation? La réponse est évidente. Il est vrai que les Belges d’aujourd’hui ne sont pas responsables des actions de nos prédécesseurs mais nous avons reçu la période coloniale en héritage et nous devons la gérer de manière juste et responsable. S’il n’y a pas de culpabilité individuelle des Belges, il existe assurément une responsabilité collective de l’État belge, de l’Église et des entreprises coloniales », explique Guillaume Defossé.

Pour Ecolo, des compensations financières globales, via un versement unique aux anciens pays colonisés, ne sont pas souhaitables. Les réparations à mettre en œuvre peuvent prendre différentes formes mais doivent servir avant tout à repartir sur des bases saines et équilibrées entre nos différents pays. Cela passe nécessairement par une meilleure connaissance de notre passé commun à travers l’éducation et la culture, une histoire expurgée de la propagande coloniale qui imprègne encore fortement les esprits aujourd’hui. Il faut aussi permettre un meilleur accès aux archives coloniales pour les chercheurs des quatre pays et faciliter les échanges académiques. La Belgique doit aussi honorer et mettre en valeur des résistantes et résistants au pouvoir colonial ou encore les soldats réquisitionnés pour combattre sous le drapeau belge lors des deux guerres mondiales. Le travail d’analyse des objets issus de la période coloniale, y compris les objets d’art et les dépouilles humaines, et la restitution de ceux qui ont été acquis de manière illégitime doivent aussi être effectués le plus rapidement possible.

« Nous devons aussi travailler sur les conséquences actuelles de la colonisation. Celles qui font qu’aujourd’hui, les personnes d’ascendance africaine font face à un racisme systémique bien spécifique. Ce lien entre racisme et colonialisme a déjà été reconnu par les Nations-Unies mais aussi le Parlement Européen. La lutte contre ce racisme systémique ne doit plus être une posture, elle doit être politique. Le plan d’action national contre le racisme pour lequel nous nous sommes engagés en 2001 doit aboutir et être mis en œuvre sans délai », conclut Guillaume Defossé.

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