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L’Amazonie brûle : Ecolo pointe la responsabilité de la Belgique au travers de la déforestation importée

6 août 2020
L’Amazonie brûle : Ecolo pointe la responsabilité de la Belgique au travers de la déforestation importée

À quelques jours de la journée internationale des peuples autochtones (qui commémore la première réunion du groupe de travail des Nations Unies sur le sujet, en 1982), l’humanité apprend aujourd’hui le décès, dû à la Covid-19, du cacique Aritana, chef de la tribu des Yawalapi, une des communautés indigènes d’Amazonie, et leader de sa communauté dans la lutte contre la déforestation. Les peuples indigènes d’Amazonie sont confrontés à une double catastrophe : les incendies de forêt qui battent de nouveaux records et l’épidémie de la Covid-19 qui les touchent tout particulièrement. Ecolo exprime sa grande préoccupation face à cette double catastrophe et souhaite rappeler la Belgique et les autres pays européens à leur responsabilité quant à ce qui se vit en Amazonie et qui a un impact majeur pour notre santé comme pour celle de la planète!

Depuis 1970, l’Amazonie, véritable poumon de notre planète et réservoir inestimable de biodiversité, a perdu près de 20% de sa surface boisée, avec une estimation de 70% de perte d’ici 2050 si la déforestation se poursuit au rythme actuel. Il y a un an, d’impressionnants incendies ravageaient la forêt amazonienne. Selon l’Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE), entre janvier et août 2019, les feux de forêt ont augmenté de 83% par rapport à la même période en 2018. Et, entre janvier et juin 2020, la déforestation s’est encore accentuée, avec une augmentation de 25% des incendies par rapport au premier semestre 2019 et ce, dans un contexte pandémique particulièrement préoccupant.

« La déforestation est largement le produit d’incendies intentionnels qui répondent à une logique de défrichage au profit de l’agriculture intensive. En important du soja brésilien comme notre pays le fait, nous nous rendons complices de cette catastrophe. La Belgique est partie prenante de la déforestation importée. Il faut que cela cesse! », s’insurge Séverine de Laveleye, députée fédérale Ecolo. En effet, d’après une analyse du WWF, afin de produire sept produits de base (soja, cacao, bœuf et cuir, huile de palme, café, hévéa, bois et papier) que la Belgique importe sous forme brute ou transformée, c’est 10,4 millions d’hectares de surface agricoles – avec des risques importants de déforestation – qui sont nécessaires chaque année, dont 950.000 hectares rien qu’au Brésil, essentiellement pour du soja.

Autre facteur préoccupant : de par leur éloignement en milieu rural ou leur précarité en milieu urbain, les peuples autochtones ne bénéficient pas d’un accès aux soins de santé suffisant. À cela s’ajoute une absence de protocoles sanitaires adaptés, qui les rend particulièrement vulnérables face au Coronavirus. « Au vu de la gravité de la situation, les communautés autochtones s’organisent pour leur propre protection. Ils réclament l’interdiction d’étrangers dans certaines réserves et l’expulsion des braconniers, bûcherons et mineurs. Mais ils demandent également une prise de conscience de la communauté internationale. Demande à laquelle nous ne pouvons rester sourds », commente Séverine de Laveleye.

Par ailleurs, le contexte pandémique nous rappelle cruellement le lien entre la dégradation des écosystèmes et l’apparition de zoonoses (maladies qui se transmettent des animaux aux humains). Plus les agents de la déforestation pénètrent loin dans les forêts tropicales, en déstabilisant l’équilibre de ces écosystèmes, plus le risque de nouvelles zoonoses augmente. « Nous ne pouvons laisser une poignée de personnes contribuer, pour le seul intérêt de grandes entreprises, à la libération d’autres Coronavirus potentiels! », poursuit Séverine de Laveleye. « Les peuples autochtones sont des alliés indispensables dans la préservation de la forêt amazonienne. Tant pour la préservation de notre environnement que dans la lutte contre les pandémies leurs connaissances des écosystèmes et leur expertise en termes de préservation sont autant d’éléments dont nous devons nous inspirer. Les préserver, c’est nous préserver! ».

Ecolo estime donc qu’il est urgent d’actionner tous les leviers possibles au niveau fédéral afin de répondre à cette situation. « La lutte active contre la déforestation importée, le renforcement de la solidarité internationale avec les populations autochtones et les défenseurs de l’environnement, mais aussi bien sûr le refus de la ratification du traité de libre échange avec le Mercosur, sont autant de leviers à actionner pour arrêter ce désastre », conclut Séverine de Laveleye qui, avec ses collègues écologistes, remettra ce dossier sur la table du Parlement dès que possible.