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Enseignement supérieur: l’allongement de l’année académique est une souplesse nécessaire qui doit rester exceptionnelle

8 avril 2020
Enseignement supérieur: l’allongement de l’année académique est une souplesse nécessaire qui doit rester exceptionnelle

Depuis 3 semaines, suite aux mesures légitimes de confinement liées à la crise du Coronavirus, le monde de l’enseignement supérieur a basculé dans l’univers des cours à distance généralisés, ce qui n’est pas sans poser une série de difficultés et d’interrogations nécessitant des mesures à la hauteur des enjeux. La décision prise par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’autoriser l’allongement de l’année académique jusqu’au 10 juillet répond en grande partie aux interrogations qui se faisaient de plus en plus fortes dans le secteur.

« Parmi toutes les difficultés auxquelles sont aujourd’hui confronté·es les étudiant·es et les enseignant·es, la plus difficile à vivre concerne l’incertitude relative à la suite de l’année académique », relève Rodrigue Demeuse, député Ecolo à la Fédération Wallonie-Bruxelles. « En cette période de blocus, la décision prise par le Gouvernement apporte un début de réponse, en fixant notamment le 27 avril comme date ultime pour informer chaque étudiant quant aux modalités pratiques de la fin d’année, dont celles relatives à l’organisation des examens ».

La possibilité d’allonger l’année académique dans certaines filières permet également de pallier les situations les plus problématiques pour lesquelles aucune alternative ne pouvait être trouvée, comme dans les écoles supérieures des arts, où l’enseignement à distance est souvent impossible. Pour Ecolo, cette souplesse accordée aux établissements doit toutefois être strictement limitée et encadrée.

« Le principe de la fin de l’année académique au 30 juin doit absolument être maintenu», ajoute Rodrigue Demeuse. « De telles exceptions ne peuvent se justifier qu’en dernier recours, dans certaines filières spécifiques ou dans le cadre de l’année diplômante, afin de ne pas retarder l’obtention du diplôme. Nous comptons sur la Ministre de l’Enseignement supérieur pour faire respecter ce principe et assurer la plus grande égalité de traitement entre tous les étudiants ».

Cette décision doit par ailleurs s’accompagner de mesures sociales et d’encadrement. A cet égard, Ecolo se réjouit de la décision prise par le Gouvernement de débloquer des moyens supplémentaires pour les aides sociales délivrées par les établissements.

« Depuis le début de la crise, nous recevons énormément de témoignages d’étudiants dont la situation socio-économique se trouve très impactée par les mesures prises », indique Manu Disabato, député Ecolo à la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Qu’il s’agisse des étudiants qui n’ont d’autre choix que de travailler pour payer leur kot ou bien ceux qui se trouvent en situation de fracture numérique, il faut tout mettre en œuvre pour qu’ils ne soient pas les victimes de la crise. Les moyens débloqués doivent donc permettre aux étudiants de terminer leur année le plus sereinement possible, en évitant de les plonger dans une précarisation accrue ».

Enfin, Ecolo appelle à ce que d’autres mesures d’accompagnement soient mises en place d’ici la fin de l’année pour limiter au maximum les effets négatifs liés à l’enseignement à distance. Parmi les solutions à développer au plus vite, Ecolo rappelle son souhait défendu de longue date de mise à disposition systématique d’un support de cours de qualité. Par ailleurs,Ecolo soutient également la demande des étudiants d’avoir accès à l’enregistrement des cours dispensés en ligne, de même qu’aux bibliothèques virtuelles de l’ensemble des établissements. Ces mesures permettraient d’améliorer la situation des étudiants, et notamment leur accès à des ressources nécessaires.