Actualités

À la une

Tout mettre en œuvre pour ne pas ajouter une catastrophe sociale à la crise sanitaire

30 mars 2020
Tout mettre en œuvre pour ne pas ajouter une catastrophe sociale à la crise sanitaire

Les conséquences sociales de la crise sanitaire du Coronavirus sont dramatiques pour les personnes les plus vulnérables. Elles sont en effet plus durement frappées par les mesures, et l’absence de certaines mesures, prises pour endiguer la pandémie.

Le confinement est une mesure nécessaire. Mais son impact sur la sécurité, la santé physique et mentale ne peut être négligé, en particulier pour certaines personnes. « Comment rester chez soi quand on n’en a pas ? Ou quand son chez-soi est un endroit dangereux par la violence conjugale qu’on y subit ? Ou quand, à cause de la guerre ou de la misère, on est jeté sur les routes de l’exil, loin de chez soi ? Ou encore quand on est seul et isolé, ou au contraire, beaucoup trop nombreux au m² habitable ? » s’interroge la coprésidente d’Ecolo Rajae Maouane, pointant la situation précaire des sans-abris, des femmes victimes de violences conjugales, de ceux qui vivent nombreux dans un petit appartement, de ceux qui ont vu leur rémunération diminuer, des réfugiés et sans-papiers, des familles monoparentales, etc. Ces personnes se retrouvent bien souvent très seules et vivent dans des conditions encore plus précaires. Leur situation déjà difficile risque rapidement de devenir invivable.

« Il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’éviter que cette crise sanitaire ne se double d’une crise sociale : la lutte contre l’épidémie ne peut laisser personne sur le bord du chemin. Malgré une situation sanitaire critique, les équipes des structures d’aide et les bénévoles sont au travail pour soutenir les publics les plus fragiles. Leur dévouement, remarquable, ne peut en aucun cas justifier l’inaction des pouvoirs publics. Ils méritent tout notre soutien et de vrais moyens d’action, qui manquent dramatiquement jusqu’ici. », poursuit la coprésidente d’Ecolo.

Les gouvernements régionaux et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais également de nombreuses communes, ont déjà pris des mesures d’urgence pour répondre à ces situations de grande détresse sociale. À Bruxelles, le Ministre Alain Maron a notamment débloqué 5 millions d’euros en faveur de l’accueil des sans-abris et des migrants en transit, et des équipes qui les accompagnent. En Wallonie, le gouvernement a lancé une « task force d’urgence sociale » avec les acteurs de la lutte contre la pauvreté pour répondre aux conséquences sociales de l’épidémie.

En outre, la Ministre Bénédicte Linard a mis sur pied, avec la Secrétaire d’État Barbara Trachte pour la Cocof, et leurs homologues régionaux, une task force pour identifier les mesures à prendre d’urgence pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et les violences intrafamiliales.

Ecolo invite le gouvernement fédéral à amplifier l’effort initié à destination de ces publics et de recourir à tous les moyens pour éviter qu’à la crise sanitaire s’ajoute une crise sociale et humanitaire.

Pour Ecolo, les mesures suivantes doivent être au plus vite envisagées :

  • Fournir urgemment tous les équipements de protection aux équipes en première ligne et procéder à une campagne de dépistage pour les sans-abris et les migrants, ainsi que les travailleurs sociaux qui les prennent en charge.

  • Suspendre temporairement toutes les mesures d’exécution forcées, par rapport à des crédits hypothécaires ou à la consommation qui auraient été impayés depuis le 1er mars suite à une perte d’emploi ou de revenu. Cette suspension doit donc également concerner les majorations d’intérêts pour impayés et les enregistrements à la centrale des crédits aux particuliers.

  • Faire appel à l’armée pour mettre en place des installations humanitaires d’urgence et rendre certaines infrastructures non-stratégiques accessibles aux personnes vulnérables.

  • Permettre l’ouverture de chambres d’hôtes et autres gîtes aux publics les plus vulnérables, notamment les demandeurs d’asile ou les femmes victimes de violence.

  • Renforcer tous les services de santé mentale et notamment l’accès à des consultations téléphoniques urgentes pour les personnes âgées, malades ou en détresse.

  • Constituer une task-force interfédérale et dégager un budget spécifique pour mutualiser les moyens et actionner l’ensemble des leviers publics au bénéfice de ces publics vulnérables.