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Le droit à mourir dans la dignité renforcé

26 novembre 2019
Le droit à mourir dans la dignité renforcé

En mai 2002, la Belgique a été précurseur en matière d’euthanasie. Depuis lors, la loi qui a été votée à l’époque permet aux personnes qui le souhaitent de choisir une mort digne, si elles se trouvent dans les strictes conditions de la loi. Mais ce cadre légal est loin d’être parfait et adapté.

“En 17 ans, cette loi a montré nombreuses limites pratiques, subies et dénoncées tant par les patients et citoyens, les associations actives ou les médecins. Il était nécessaire de la corriger et de l’améliorer“, explique Laurence Hennuy, députée écologiste. Pour y pallier, la commission de Santé de la Chambre a approuvé ce mardi à une large majorité une proposition de loi déposée par les écologistes visant à supprimer la durée de renouvellement de la déclaration anticipée d’euthanasie (DAE), initialement prévue tous les 5 ans. “Maintenant, la déclaration anticipée vaudra pour une durée illimitée, cela protège les personnes contre l’oubli du délai et ainsi, leur volonté sera bien respectée. D’autant que chacun·e est libre, à tout moment, retirer ou modifier sa déclaration, sans aucune formalité.”, continue Laurence Hennuy.

La DAE est un document qu’une personne lucide rédige pour l’avenir, au cas où elle se retrouverait en état d’inconscience irréversible ou incapable de formuler son souhait d’être euthanasiée. Aujourd’hui, moins de 2% des cas d’euthanasie se font suite à une déclaration anticipée et 3/4 des déclarations ne sont jamais renouvelées.

“Notre proposition va dans le sens d’une protection du choix du citoyen. Remplir un formulaire de demande d’euthanasie est un choix individuel et relève du domaine privé. Ajouter une durée de validité ne fait qu’alourdir et freiner inutilement cette démarche, il était temps de clarifier la procédure, dans l’intérêt du citoyen ou du patient. Nous nous réjouissons d’avoir pu, à l’issue d’un débat serein et respectueux, rassembler une majorité pour permettre cette avancée. Respectueuse des choix individuels, elle s’inscrit dans notre volonté d’offrir à chacun la possibilité de finir ses jours dans la dignité et selon sa volonté“, conclut Laurence Hennuy.

Grâce un amendement introduit à l’occasion des débats en Commission, les médecins ne désirant pas effectuer d’euthanasie disposeront désormais de 7 jours maximum pour en informer leur patient. Les écologistes se réjouissent évidemment de cette autre avancée.