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Les patient·e·s du secteur de la santé mentale et du handicap ne peuvent êtres les oublié·e·s de la crise sanitaire

Publié le 13 avril 2020
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Depuis le début de la crise sanitaire, le Gouvernement fédéral a décidé que les hôpitaux psychiatriques n’étaient qu’en troisième priorité, après les hôpitaux généraux et la première ligne, pour obtenir du matériel de protection et des tests. En Wallonie et à Bruxelles, cela représente plus de 5.200 lits, soit plus de 4.000 patients et presque autant de personnel pour les soigner. Il est aux yeux des écologistes inacceptable que le secteur de la santé mentale soit ainsi un des oubliés de la crise.

À ce jour, aucun matériel n’a été fourni aux hôpitaux psychiatriques en Wallonie : aucun masque, aucun test. Le SPF Santé publique ne demande aucun relevé des cas de Covid-19 dans les hôpitaux psychiatriques. Les hôpitaux psychiatriques sont en dehors de tous les radars et ils ne peuvent compter que sur le dévouement énorme de leur personnel dans cette crise.

Les directions sont désemparées et désolées, elles envoient leur personnel au casse-pipe, sans protection ou en grappillant de l’aide de-ci de-là, et le personnel y va, parce qu’il est totalement dévoué aux patients.

En commission de la Santé de la Chambre ce mardi, la députée Ecolo/Groen Laurence Hennuy interrogera Maggie De Block sur son indifférence à l’égard des personnes du secteur de la santé mentale.

« Les personnes handicapées ne peuvent être des patients de troisième zone. Le secteur de la santé mentale et du handicap requiert le même niveau de protection et de soins et il est urgent que le fédéral prenne la mesure de son incurie et vienne en aide à ce secteur », commente Laurence Hennuy.

Cette situation concerne aussi des personnes porteuses d’un handicap, dont la fragilité et l’anxiété sont amplifiées par la crise, parce qu’elles ne peuvent recevoir les suivis indispensables.

L’inquiétude est aujourd’hui aggravée par une incertitude : s’ils présentent une forme sévère du Covid-19, les patients qui présentent une lourde pathologie psychiatrique ou un lourd handicap pourront-ils être hospitalisés en soins intensifs? Les déclarations récentes du président de l’Absym font planer un doute terrible et inacceptable aux yeux des écologistes

La ministre De Block déclarait pourtant ce jeudi en séance plénière « qu’il y avait des lits en suffisance et que dans ce pays, chacun a le droit de bénéficier des meilleurs soins. Il n’existe aucun critère d’âge ou de handicap pour décider d’administrer ou non un traitement, le seul critère est la raison médicale. »

« Les engagements pris par la Ministre ne peuvent rester de simples mots en l’air. Nous réclamons du Gouvernement qu’il protège les plus faibles et les plus fragiles. Cela passe par la mise à disposition du matériel, des médicaments et des soins nécessaires à chacune et chacun. Le secteur de la santé mentale, qui sera primordial dans le gestion de cette crise sanitaire, et celui de l’accueil des personnes handicapées doivent bénéficier de tous les moyens, humains et matériels, autant que les secteurs hospitaliers classiques. Il ne peut faire l’objet d’aucune discrimination. Nous le répéterons à la Ministre ce mardi », conclut Laurence Hennuy.

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