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Journée internationale des migrants : en finir avec les discours de peur

18 décembre 2019
Journée internationale des migrants : en finir avec les discours de peur

A l’occasion de la journée internationale de la migration, les écologistes rappellent qu’une autre politique migratoire, basée sur le respect des droits humains, la solidarité et la dignité, est non seulement possible mais urgente, tant au niveau belge qu’européen.

« La question de la migration est trop souvent utilisée comme prétexte électoraliste pour celles et ceux qui, à coup de fake news et de discours alimentant les peurs, tentent de nous monter les uns contre les autres et d’affaiblir nos solidarités », commente le député fédéral Ecolo Simon Moutquin. « Cela fait 5 mois que je suis membre du Parlement. Sur cette période, il ne s’est pas passé une semaine sans que des discours de haine sur la migration ne polluent les débats dans des commissions pourtant consacrées à des sujets bien différents. Nous subissons en boucle un récit autour d’une prétendue crise migratoire, fantasmée par certains, alors que les chiffres prouvent qu’il n’en est rien dans la réalité, » poursuit Simon Moutquin.

Ecolo rappelle à cet égard que si un accueil digne des migrants et des demandeurs d’asile reste un réel enjeu dans notre pays, qui requiert la mobilisation de moyens humains et financiers, 97 % des personnes fuyant des situations de guerre ou de pauvreté restent au sein des frontières de leur pays ou se déplacent dans les pays limitrophes. Les écologistes soulignent également l’échec de la politique migratoire européenne. « Alors que l’on dénombre pas moins de 14.000 personnes mortes noyées en Méditerranée en cinq ans, nous découvrons aujourd’hui les conditions de vies inhumaines des camps de réfugiés situés sur le continent européen : le camp de Lesbos, à la base prévu pour 6000 personnes, accueille aujourd’hui environ 37.000 personnes dans des conditions indignes qui devraient faire honte à l’Europe, » ajoute Saskia Bricmont, eurodéputée Ecolo. « L’Union européenne doit urgemment mettre en place des missions de recherche et sauvetage en mer Méditerranée, et faire cesser toute criminalisation de l’aide humanitaire comme c’est le cas aujourd’hui dans de nombreux États européen comme en Italie, Grèce, France mais également en Belgique. »

Cette journée internationale de la migration est dès lors une nouvelle occasion de saluer l’engagement des dizaines des milliers de citoyens et d’associations à travers l’Europe qui, depuis 2015, pallient les obligations de nos États. En Belgique, c’est une immense vague de solidarité qui a débuté dans le parc Maximilien à Bruxelles et qui continue aujourd’hui grâce aux personnes qui hébergent, à celles et ceux qui transportent, nourrissent et accueillent, que ce soit de façon ponctuelle ou plus permanente. « Pour notre part, nous activons les leviers dont nous disposons pour développer des politiques dignes et humaines envers les migrants. Par exemple, au niveau du Gouvernement bruxellois, Ecolo a pu proposer des véritables solutions pour les personnes migrantes, notamment en dégageant un budget important pour assurer la viabilité des structures d’accueil et augmenter le nombre de places. Dans les nombreuses communes où Ecolo participe aux majorités, mais aussi parfois depuis l’opposition, nous avons oeuvré pour faire de nos localités des ‘communes hospitalières’ et nous continuerons à soutenir les citoyen·ne·s  solidaires, » poursuivent Saskia Bricmont et Simon Moutquin.

Alors que le Gouvernement fédéral tombait il y a tout juste un an sur le Pacte pour les migrations de l’ONU, un texte pourtant équilibré ayant fait l’objet de deux ans de discussions, les écologistes entendent bien continuer de se poser en rempart face aux discours de haine, de défendre une autre politique migratoire, de rappeler l’opportunité humaine, culturelle et économique que représente la migration, de lutter contre la criminalisation des solidarités ou l’enfermement d’enfants. « Parce que si la peur est contagieuse, l’espoir que nous voulons semer doit l’être tout autant, et pas seulement aujourd’hui ! », concluent les député·e·s Ecolo.