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Ecolo appelle à la fin des violences policières à l’encontre des migrant·e·s et réfugié·e·s en Croatie et à la mise en œuvre d’un système d’asile et de migration européen

11 février 2020
Ecolo appelle à la fin des violences policières à l’encontre des migrant·e·s et réfugié·e·s en Croatie et à la mise en œuvre d’un système d’asile et de migration européen

Les députés Saskia Bricmont (Europe) et Simon Moutquin (fédéral), de retour de mission à Zagreb (Croatie) et Bihac (Bosnie-Herzégovine) ont pu obtenir sur place des témoignages confirmant les soupçons de violences policières et les pratiques de “pushbacks” (refoulement) vers la Bosnie par les autorités croates. Pour les Verts, cette situation humainement inacceptable et en contradiction avec le droit international appelle une réaction forte de la communauté internationale et rappelle l’urgence de changements fondamentaux dans la politique d’asile européenne.

Cette mission avait pour but d’enquêter sur les rapports d’ONG et des agences de l’ONU, soulignant que la police croate refoule parfois violemment des gens à la frontière, restreignant leur droit à une protection internationale. Lors de cette mission, la délégation verte a rencontré les autorités croates, des organisations de la société civile et des représentants des agences des Nations Unies ainsi que la médiatrice croate. Ils ont également visité un centre d’accueil pour demandeurs d’asile en Croatie et deux camps de réfugiés dans le canton d’Una-Sana (Bosnie-Herzégovine).

Un débat sur la situation humanitaire des réfugiés aux frontières extérieures de l’Union aura lieu mercredi soir au Parlement européen. Il sera l’occasion pour le groupe des Verts au Parlement européen de réclamer une réaction forte de la Commission face à cette situation très préoccupante.

« Malgré les dénégations des autorités croates, tous les rapports et témoignages convergent et confirment les faits de violences et de refoulement vers la Bosnie par la police croate en dépit du droit international. Près de 40 % de ces refoulements concerneraient des enfants. Nous demandons urgemment à la Commission européenne la mise en place d’un véritable mécanisme de contrôle indépendant du respect des droits fondamentaux à la frontière croate. Le gouvernement croate doit permettre des enquêtes indépendantes sur ces cas de violences, loin d’être des cas isolés tel qu’il le prétend et sanctionner les personnes responsables. Les victimes doivent pouvoir être reconnues dans leurs droits devant la justice. L’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen doit être conditionné au respect des droits humains fondamentaux » déclare Saskia Bricmont, Députée européenne.

Simon Moutquin, député fédéral, ajoute : « Il ne faut pas s’y tromper, si l’attitude des autorités croates est inacceptable, c’est bien tous les États membres dont la Belgique qui sont responsables de cette situation humanitaire aux frontières de l’UE. Plutôt que de prendre leurs responsabilités et de s’engager dans une réforme du Règlement de Dublin, les États qui ne sont pas en première ligne laissent le soin aux États situés aux frontières extérieures de l’UE d’empêcher l’entrée des personnes migrantes et réfugiées, les privant du droit à une protection internationale. La situation humanitaire à la frontière bosnienne est dramatique et rappelle ce que l’on connaît en Grèce ou en Italie. La Belgique doit prendre ses responsabilités et soutenir au Conseil européen une véritable politique européenne solidaire. Les capitales européennes ne peuvent plus fermer les yeux sur les exactions commises à la frontière croate. J’en appelle au Ministre des Affaires étrangères, Monsieur Goffin, de fermement condamner ces pratiques et de plaider pour une approche européenne respectueuse des droits humains. Par ailleurs, nous demandons à la Ministre Maggie De Block de faire preuve de proactivité dans la mise en place d’un mécanisme solidaire de relocalisation, notamment des mineurs non accompagnés. Je les interrogerai en ce sens dès que possible. ».

« Nous saluons la solidarité dont témoignent les citoyen·ne·s croates et bosniens à l’égard de ces réfugiés, ainsi que le travail des ONG sur place qui dénoncent et rapportent les cas de violations des droits humains en dépit des intimidations de la part des autorités croates. Nous rappelons que la solidarité n’est pas un crime ! » concluent Saskia Bricmont et Simon Moutquin.