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La publicité ne peut banaliser les violences faites aux femmes

9 octobre 2019
La publicité ne peut banaliser les violences faites aux femmes

Une homme mettant un poing dans la figure d’une femme. C’est sans doute l’une des images les plus vues ce mardi 8 octobre 2019 sur les réseaux sociaux et dans les médias. En effet, la société belge Bicky Burger s’est tristement illustrée en diffusant sur le réseau social Facebook une image publicitaire représentant une scène de violence conjugale. Les signalements de cette publicité ont été nombreux, mais ni Facebook ni Bicky Burger n’a jugé bon de réagir rapidement, laissant le temps à cet image de circuler très largement.

Or, ce sont 97 femmes qui ont perdu la vie depuis 2017 parce qu’elles étaient des femmes. Ce sont 18000 plaintes qui ont été enregistrées l’année précédente en Wallonie et à Bruxelles pour violences conjugales.

Pour les écologistes, la représentation de la violence envers les femmes est inacceptable. Il ne s’agit pas ‘que’ d’une publicité. En effet, l’environnement dans lequel nous évoluons toutes et tous forge la conception que les femmes ont d’elles-mêmes, mais également celle qu’en ont les hommes.

La lutte contre les stéréotypes de genre, le sexisme et la violence fait partie des priorités de longue date d’Ecolo. Ce n’est pas un hasard si, ce mardi 8 octobre, tous niveaux de pouvoir et de compétences confondus, les écologistes sont rapidement monté au créneau face à cette publicité scandaleuse.

Mais l’indignation ne suffit pas et les Verts comptent bien activer tous les leviers dont ils disposent pour faire évoluer les choses en faveur de plus d’égalité et de respect.

C’est ainsi que Bénédicte Linard, Ministre de la Culture, de l’Enfance, des Droits des femmes, de la Santé et des Médias, a saisi le Jury d’Ethique Publicitaire, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Elle compte également poursuivre le travail entamé avec le CSA pour lutter contre le sexisme dans la publicité, et souhaite renforcer la sensibilisation au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, notamment auprès des jeunes.

Notre députée fédérale Sarah Schlitz a également déposé une interpellation à la Ministre de l’Egalité des chances afin d’identifier les moyens d’action dont dispose le Gouvernement fédéral en matière de publicité sexiste, tant en termes de prévention qu’en termes de sanctions possibles.

Ce vendredi, Margaux De Ré, députée au Parlement bruxellois, interpellera également le Ministre-Président de la Région bruxelloise, en charge des matières liées à la publicité.

Au-delà des représentations, il s’agit d’un réel fait de société qui cache de nombreux drames. C’est notamment la raison pour laquelle tous les niveaux de pouvoir doivent être mobilisés. Il s’agit en effet d’aller plus loin en matière de lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

« En signant en 2016 la Convention d’Istanbul, la Belgique s’est engagée à lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes et à tout mettre en oeuvre pour protéger les femmes victimes de violences machistes. Des femmes meurent régulièrement de faits de violence. La banalisation est encore tellement présente que des marques belges trouvent judicieux d’en faire une publicité. Ça suffit. Il est également temps de reconnaître, pour mieux la combattre, la réalité du féminicide, un crime de genre, misogyne, machiste, qui traduit une certaine vision de la femme et de sa place dans notre société », commente la coprésidente d’Ecolo Rajae Maouane.

« Notre arsenal juridique doit intégrer la spécificité du féminicide. Au niveau de la police, des moyens doivent être mis dans la formation à l’accompagnement des signalements de violences faites aux femmes. De la même façon que les écologistes ont fait rayer les stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires au cours de la dernière législature, nous voulons nous attaquer au sexisme dans la publicité car il y a là un enjeu majeur également », conclut Rajae Maouane.