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Pour protéger notre santé et environnement, les Verts appellent la Belgique à voter la fin du glyphosate

agriculture pesticides
Publié le 6 octobre 2023
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Alors que le gouvernement doit décider d’ici fin de semaine la position qu’adoptera la Belgique le 12 octobre sur la proposition de la Commission Européenne de prolonger l’autorisation de mise sur le marché du glyphosate pour 10 ans, les écologistes lancent un appel clair : l’Union Européenne doit mettre fin à l’usage du glyphosate et la Belgique – représentée par le Ministre de l’Agriculture, M. Clarinval – doit voter contre le renouvellement.​

“Sans surprise, le directeur général de Bayer Benelux, producteur de glyphosate, affirme dans la presse ce matin que la science serait en faveur d’une réhomologation du glyphosate. Pourtant, de nombreuses études scientifiques démontrent que le glyphosate présente des dangers pour notre santé et notre environnement. Assurer à l’ensemble des Européens une alimentation saine, locale et sans pesticide – sans glyphosate – d’ici 2050 est possible”, explique Séverine de Laveleye, députée fédérale Ecolo, qui rappelle qu’en 2020, l’Union Européenne s’est dotée d’un Pacte Vert prévoyant une diminution de 50% des pesticides d’ici 2030.

Le glyphosate (Roundup) est l’herbicide le plus utilisé au monde, dont l’utilisation a été multipliée par 100 ces 50 dernières années. Interdit à la vente pour les particuliers belges, le glyphosate préoccupe les professionnels de la santé et le monde naturaliste car cette substance se retrouve dans nos sols, nos eaux de surface et nos corps, avec des conséquences néfastes.

Pour l’environnement, un risque élevé à long terme a été identifié pour la biodiversité, notamment pour les mammifères. La nocivité du glyphosate est ainsi à la fois directe (il perturbe notamment le système immunitaire des abeilles) et indirecte (il détruit/contamine les ressources alimentaires d’un grand nombre d’espèces). Sur l’aspect santé, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le glyphosate cancérigène probable en 2015 et le Conseil Supérieur pour la Santé a formulé en 2020 la recommandation d’en sortir « au plus vite » au vu des risques élevés pour la santé et l’environnement. D’autres études, non-prises en compte dans le processus qui a mené à la proposition de prolongation du glyphosate, soulignent de nombreux liens avec le développement de cancers ou de maladies neurologiques comme Parkinson ou Alzheimer.

Cette absence de plusieurs études dans le rapport de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) pose question sur le processus de documentation de l’agence et le poids des lobbys dans la procédure. “En 2017, de nombreuses études déterminantes dans la décision de prolonger l’autorisation du glyphosate avaient été rédigées dans l’ombre par Monsanto afin de semer la confusion sur la nocivité de son produit”, rappelle Séverine de Laveleye qui souligne que cette fois encore, des études cruciales semblent avoir été mises de côté.

Des alternatives aux pesticides existent et sont de plus en plus mises en avant par des agriculteurs et agricultrices qui font le choix du bio. “Investissons dans la recherche et l’expérimentation ainsi que dans un soutien technique et financier pour accompagner dès maintenant les agriculteurs et agricultrices dans cette transition bénéfique pour notre environnement et notre santé à toutes et tous”, conclut Séverine de Laveleye qui a co-signé une carte blanche avec ses collègues parlementaires Ecolo pour appeler la Belgique à voter contre la prolongation du glyphosate.

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