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Le Parlement bruxellois se penche sur la décolonisation de l’espace public dans le cadre d’un travail de mémoire

13 juillet 2020
Le Parlement bruxellois se penche sur la décolonisation de l’espace public dans le cadre d’un travail de mémoire

Une large majorité des député·e·s bruxellois·e·s s’est prononcée ce lundi en faveur d’une résolution visant à entamer la décolonisation de l’espace public dans le cadre d’un large travail de dialogue et de mémoire.

La résolution a été introduite par les partis de la majorité (PS – Ecolo – Défi – Groen – Open VLD – one.brussels) auxquels se sont joints, à l’issue d’un travail concerté, le CD&V, le cdH, le PTB et la députée indépendante Victoria Austraet. Ensemble, ils plaident pour que l’espace public bruxellois fasse l’objet d’un travail d’analyse critique et d’adaptation visant à le rendre plus inclusif.

Comme dans d’autres villes dans le monde, on peut voir de nombreux vestiges et traces du passé colonial à Bruxelles. Afin de faire de la Région bruxelloise une Région véritablement ouverte à tou·te·s ses habitant·e·s, les partis signataires de la résolution veulent faire évoluer les choses et plaident pour la mise sur pied d’un groupe de pilotage constitué d’académiques et de membres du secteur associatif représentatifs de la diversité bruxelloise. Ce groupe sera chargé de faire un inventaire et de formuler des propositions concrètes et sans exclusive à propos de la place et du traitement des vestiges coloniaux à Bruxelles (contextualisation, muséification, créations artistiques etc) et de réfléchir à comment prendre en considération les enjeux décoloniaux de façon permanente dans les décisions politiques à l’avenir.

À côté d’un travail critique de contextualisation et d’éducation sur la période coloniale, il s’agit également de montrer celles et ceux auxquels la ville n’a pas encore réservé une juste place. C’est pourquoi les partis signataires plaident pour que des noms de rues, de lieux, de bâtiments et d’infrastuctures publiques soient donnés à des personnages ayant résisté à la colonisation et à des militant·e·s des droits humains. La résolution insiste ainsi en particulier pour que soient mises en avant des figures féminines, aujourd’hui particulièrement peu visibilisées alors qu’elles ont joué et jouent toujours un rôle important pendant et parfois après la période coloniale.

Le texte a été approuvé au sein de la commission Affaires générales par 11 voix pour, 1 voix contre et 2 abstentions.

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