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Gouvernance culturelle: « La législation doit s’adapter si on ne veut pas que les instances d’avis se vident des créateurs »

Gouvernance culturelle: « La législation doit s’adapter si on ne veut pas que les instances d’avis se vident des créateurs »

Le journal Le Soir relaie aujourd’hui les inquiétudes de plusieurs fédérations représentatives des secteurs culturels quant à la participation active (actuelle et future) des artistes dans les instances d’avis culturelles. En effet, les membres des instances devraient désormais prendre un statut d’indépendant complémentaire pour pouvoir toucher les indemnités liées à leur fonction, ou y renoncer purement et simplement. Jusqu’à présent, les artistes qui donnaient de leur temps pour participer à l’élaboration et la gestion d’une politique culturelle en Fédération Wallonie-Bruxelles recevaient un défraiement sous forme de ‘jetons de présence’.

Pour Ecolo, ce changement est injuste, car tout travail mérite salaire et il serait inacceptable que des artistes siègent des journées entières au sein des instances à titre gratuit. Cette décision est également préoccupante aux yeux des écologistes : alors que les instances d’avis culturelles sont en cours de renouvellement, le risque est élevé de voir les artistes déserter ces lieux de concertation et de démocratie participative.

« Il est urgent de trouver une solution pour garantir aux artistes de pouvoir siéger dans les instances sans mettre en danger leur statut d’intermittent. Conditionner l’octroi de l’indemnité à l’obligation de disposer d’un statut d’indépendant relève d’une méconnaissance grave de la réalité sociale des artistes en Fédération Wallonie-Bruxelles », commente Matteo Segers, député Ecolo à la Fédération Wallonie-Bruxelles. « En effet, la majorité d’entre eux sont, faute de statut spécifique, demandeur d’emploi. Il convient donc d’adapter la législation au risque de voir les commissions d’avis se vider des créateurs », poursuit Matteo Segers.

Pour les écologistes, une concertation étroite entre le Fédéral et la Fédération Wallonie-Bruxelles doit être organisée pour corriger ces dispositions. En outre, cette nouvelle actualité rappelle la nécessité de construire un réel statut pour les créateurs et les techniciens.

« La Fédération Wallonie-Bruxelles devrait se donner les moyens techniques et financiers d’engager des artistes intermittents lorsqu’elle les sollicite comme experts. Il est impératif que les créateurs restent bien représentés dans les instances d’avis. Ils sont en effet l’une des composantes essentielles au développement des politiques culturelles ancrées et vivantes » conclut Matteo Segers, qui interpellera prochainement la Ministre de la culture à ce sujet.