La RTBF vient de révéler que l’AFSCA a opéré différents contrôles ces derniers mois au sein de l’entreprise La Vieille Abbaye et qu’elle y a constaté de graves infractions et manquements (viande périmée, moisie, gâtée ; étiquettes manquantes ou falsifiées ; plus de 400 kg de viande dont on ne connaît pas l’utilisation finale ; problèmes de traçabilité,…). Ces manquements ont conduit l’administration à entamer une procédure de retrait d’agrément et d’autorisation de ladite entreprise.

Nous apprenons que le Ministre Ducarme, malgré ces éléments tangibles extrêmement préoccupants, a donné injonction à son administration – et contrairement à l’avis de celle-ci – de ne pas aller en appel d’une décision du Tribunal qui avait suspendu la décision de retrait de l’AFSCA.

Cette situation interpelle au plus haut point les écologistes qui demandent que toute la transparence soit faite sur ce dossier. Ce veto ministériel est difficilement compréhensible au regard des éléments rendus publics aujourd’hui : « Pourquoi le ministre n’est-il pas allé en appel et n’a-t-il pas pris en considération le principe de précaution de la santé des consommateurs ? » s’interroge le chef de groupe ECOLO à la Chambre, Jean-Marc Nollet, qui demande que le Ministre Ducarme vienne s’expliquer au Parlement sur les raisons de cette décision.

La firme Derwa a-t-elle trompé le consommateur en cachant des chutes de viande périmée dans son saucisson au jambon ? Que contiennent ces rapports de l’AFSCA ? Pourquoi les fonctionnaires de l’AFSCA sont-ils obligés de témoigner anonymement pour faire éclater ce potentiel nouveau scandale alimentaire ? Autant de questions qui méritent une réponse claire de la part du ministre Ducarme, estiment les Verts, qui tiennent à rappeler que « les chutes de jambon périmé ne sont pas admissibles dans la nourriture humaine ».

Nonobstant la réponse du Ministre Ducarme, les écologistes réitèrent leur demande que la tutelle de l’AFSCA ne soit plus exercée par le Ministre en charge du développement du secteur contrôlé. « Ce dossier est une illustration supplémentaire du besoin de rapatrier au plus vite la tutelle de l’AFSCA dans les mains de la Ministre de la Santé», conclut Patrick Dupriez, Coprésident d’ECOLO.

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