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Une dérive qui heurte les principes d’éthique et de déontologie

2 février 2015
Une dérive qui heurte les principes d’éthique et de déontologie

Certains médecins spécialistes n’acceptent plus d’opérer les patients qui ont opté pour l’admission en chambre commune. En cause, l’impossibilité de leur facturer des suppléments d’honoraires. Muriel Gerkens députée fédérale Ecolo, interrogera prochainement la Ministre de la Santé sur le sujet. Pour elle, c’est très clair : « Sous prétexte des libertés laissées aux médecins non conventionnés, nous sommes dans une situation d’abus de position et de détournement de la loi ! Sur le plan de l’éthique et de la déontologie, ce n’est pas acceptable »

Le parlement avait adopté en 2013 des articles de loi interdisant les suppléments d’honoraire dans les chambres à 2 lits. Cette interdiction a été élargie pour les hospitalisations de jour sous cette législature fédérale.

Cette mesure reposait également sur le constat que les hôpitaux renonçaient de plus en plus aux chambres communes plus grandes pour développer les chambres à deux lits à côté des chambres individuelles.

Le but de cette mesure était de garantir un accès pour toutes et tous à des soins de qualité ainsi qu’à un confort de soins.

Pour contourner cette logique, certains médecins spécialistes refusent donc d’opérer ou d’intervenir auprès de patients en chambre double si ces patients ne paient pas de supplément aux honoraires conventionnés.

Autre constat, certains hôpitaux suppriment un maximum de chambres à deux lits pour en faire des chambres individuelles et retrouver ainsi une liberté d’honoraires.

Pour Ecolo, la Ministre de la Santé doit prendre attitude face à ces dérives. « Il est étrange de constater que le conseil de l’ordre des médecins n’ait pas encore réagi… Au-delà et sur le long terme, ceci justifie la nécessité de modifier profondément le financement des hôpitaux et la rémunération des médecins. Enfin, cette situation met en évidence la nécessité de revoir rapidement les règles éthiques et déontologiques des médecins. » conclut Muriel Gerkens.