En des temps aussi troublés, où les crises et les menaces s’entremêlent, 195 pays ont cherché un chemin pour notre avenir commun. Ils l’ont fait à partir d’une évidence aujourd’hui incontestable : la terre se réchauffe. Les dérèglements des équilibres écologiques de la planète menacent la survie de l’humanité et nous ne trouverons de solutions durables à ces enjeux qu’ensemble.

Certes, les intérêts contradictoires des uns et des autres aboutissent à des engagements insuffisants pour les populations qui sont aujourd’hui déjà dramatiquement victimes du changement climatique. Mais nous ne pouvons céder au fatalisme. La COP21 a ouvert un nouveau cycle politique mondial, celui du 21ème siècle dans lequel notre avenir commun doit se construire. Pour les écologistes, le ciment de cette construction s’appelle « solidarité ». La lutte contre les bouleversements climatiques constitue avant tout un combat pour la justice à l’échelle de l’humanité et avec les générations futures.

Ecolo salue l’adoption par la communauté mondiale d’un accord contraignant et universel sur le climat et félicite l’implication déterminée de la France dans ce succès diplomatique historique.

L’importance, la complexité et les nuances de cet accord appelleront des analyses et commentaires approfondis1, mais d’ores et déjà Ecolo se réjouit du fait que la volonté de poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation à 1,5°C figure dans l’accord comme objectif ambitieux.

Cependant, rester sous cette limite ne sera possible qu’en précisant le chemin à accomplir, et en s’assurant de révisions rapides des contributions nationales. Or, les engagements annoncés actuellement par les Etats sont largement insuffisants.

En ce sens, les écologistes regrettent que l’objectif de décarbonation ne figure pas dans l’accord de Paris et qu’il ne soit pas fait mention des sources d’énergie renouvelable comme outil essentiel pour sortir des énergies fossiles. Cela aurait permis de définir les bonnes solutions sans laisser la porte ouverte aux chimères spéculatoires telles que la géo-ingénierie.

En matière de financement, la confirmation du fait que le montant de 100 milliards $ destinés aux Pays en développement est un plancher constitue une avancée. Toutefois, le rehaussement de l’aide interviendra beaucoup trop tard (2025), l’alimentation financière structurelle du fonds vert n’est pas assurée, ni l’additionalité des sommes par rapport à l’aide actuelle au développement et sa prévisibilité doit encore être précisée. A cette fin, pour Ecolo, les pays européens doivent accélérer la mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières.

L’absence d’objectifs de réduction d’émissions de CO2 pour les secteurs de l’aviation et du transport maritime est incompréhensible. Les lobbys ont ici réussi à dérober de façon inacceptable un secteur entier de l’effort climatique, alors que ses émissions sont en constante augmentation.

L’accord de Paris sur le changement climatique nous appelle donc, quoi qu’il en soit, à plus d’engagement vert. Vivre mieux, dans un monde plus juste et libéré des énergies fossiles appelle plus que cet accord négocié entre les états, bien plus qu’un deal comptable obtenu à l’arraché par les entités de notre pays. Les objectifs ne valent guère si l’action ne suit pas.

Les accords de Paris doivent à présent être traduits concrètement dans les faits par des stratégies cohérentes et des mesures politiques concrètes dans chaque pays.

De ce point de vue, la Belgique a encore tout à prouver. Engluée dans ses discussions internes sur le burden sharing, elle n’a pas été capable de produire une déclaration un tant soit peu ambitieuse en ouverture de la COP, ce qui aurait pourtant été particulièrement apprécié et nous aurait positionné en acteurs de ces négociations. Elle ne se donne pas non plus d’objectifs ambitieux dans ses politiques propres.

Pourtant, grâce à l’action des écologistes dans les législatures précédentes, nos régions disposent des outils nécessaires pour mener une politique ambitieuse. Sur base du décret Climat, la Wallonie doit adopter au plus vite son plan de mesures « Air-Climat-Energie » pour mettre en œuvre le plus rapidement possible une politique climatique effective. De même pour Bruxelles avec son plan « Air-Climat-Energie ». Contribuer à protéger notre Terre du réchauffement, c’est mener, à l’échelle de nos territoires, des politiques ambitieuses de transition énergétique que nos gouvernements semblent sans cesse reporter à plus tard.

L’accord de Paris nous permet aussi de remercier chaleureusement les citoyens, les scientifiques, les militants qui depuis plusieurs décennies se sont mobilisés pour alerter la communauté internationale sur le défi climatique et inciter les responsables politiques à agir. Ecolo salue également une nouvelle fois la maîtrise, la créativité et l’efficacité de l’équipe d’experts belges emmenée par Peter Wittoeck, qui a travaillé en pleine complémentarité avec les différents niveaux de décision belges et en pleine transparence avec les acteurs belges de la société civile.

Nous avons besoin d’actions politiques concrètes et d’une stratégie déterminée transformant en profondeur notre société. Et pour cela, nous pouvons compter aujourd’hui sur l’engagement extraordinaire de la société civile et d’un nombre croissant de citoyens.

Une nouvelle page s’ouvre pour la justice climatique mais elle reste à écrire par des actes pour que nous entrions réellement dans le 21ème siècle.

Partout, il faut accélérer la transition écologique de notre société aux bénéfices de l’environnement, de l’économie et du bien-être des citoyens. Ecolo entend être encore et toujours à la pointe de cette transition et une force de propositions pour la mettre en œuvre.

A Paris, nous n’avons pas sauvé le climat, mais nous avons préservé l’espoir d’y parvenir. Dès ce soir, commençons à écrire un nouveau chapitre de l’histoire de notre humanité.

Commentaires

Commentaires

Share This