Transition Numérique

  • Proposition 1

    Proposer une éducation aux outils numériques : critique, codage, utilisation adéquate et dans ce cadre, instaurer des formations obligatoires « d’informatique sans ordinateur » dans les écoles dès l'âge de 6 ans en veillant à ce que filles et garçons en bénéficient de la même manière.

  • Proposition 2

    Encadrer légalement le recours à l’Intelligence Artificielle (IA) dans des domaines sensibles humainement (armement, soins de santé, migration, justice pénale, …)

  • Proposition 3

    Mettre en place une politique systématique d’Open Data dans toutes les administrations publiques.

  • Proposition 4

    Encourager les acteurs économiques privés à partager leurs données (Open Data) sur base anonymisée lorsque celles-ci représentent un intérêt pour la collectivité (en matière de mobilité par exemple).

  • Proposition 5

    Favoriser l’éco-conception des appareils numériques par la réglementation et obliger les projets numériques à établir et améliorer leur bilan carbone.

  • Proposition 6

    Créer au niveau belge un Centre d’observation des algorithmes qui analysera leur caractère éthique et légal et proposera le cas échéant des actions.

Une société numérique au service des citoyen·ne·s

Depuis l’émergence d’Internet à la fin des années 90, le monde contemporain semble subir une accélération vertigineuse. Économie numérique, Intelligence artificielle, big data, réseaux sociaux, … La digitalisation du monde touche chacun·e de nous, à des degrés divers mais inexorablement. Comment garder la maîtrise d’une technologie lancée à toute vitesse ?

La mécanisation des moyens de production ne date pas d’hier. Elle remonte probablement à l’arrivée de la machine à vapeur et du charbon, et elle a traversé tout le vingtième siècle. Mais le développement de l’informatique et la numérisation ont fortement accéléré ce processus ces dernières décennies. Aujourd’hui, tous les secteurs sont impactés, et de plus en plus de tâches humaines se voient remplacées par l’intelligence artificielle, des algorithmes, des programmes informatiques toujours plus puissants ou des robots de dernière génération. Selon une étude réalisée par ING, dans les dix prochaines années, ce sont près de 50% des emplois en Belgique qui seront touchés par cette mutation. Si le développement de la société numérique est aussi un vecteur d’emplois nouveaux, il est encore difficile d’estimer quelles seront respectivement les parts de création et de suppression d’emplois de cette révolution. Mais une chose est sûre : il faut s’attendre à de grands changements dans un avenir proche.

Mais la digitalisation de notre société ne se limite évidemment pas à des questions d’emploi. Des secteurs comme les soins de santé, la justice, la sécurité pourraient bientôt se voir accompagnés par l’intelligence artificielle dans leurs prises de décisions. Avec toutes les questions des balises éthiques qui se posent : quelles tâches voulons-nous confier à l’intelligence artificielle ? Quelle société voulons-nous ? Avec quelle autorité de tutelle ?

Enfin, les questions démocratiques sont aussi en première ligne. Si certains logiciels permettent de réorganiser et de revivifier la démocratie via plus de participation par exemple (ce que l’on appelle les « civic tech »), les dangers liés notamment aux fake news menacent directement nos démocraties en bouleversant la société de l’information et en influençant nos représentations. Et donc, nos manières de participer à la vie de la cité.

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un formidable espace d’échange, de discussion, de partage d’information, mais ils comportent aussi une série de dangers, qui restent à ce jour incontrôlés. La question de la bulle cognitive, à savoir le renforcement systématique de nos opinions par des algorithmes qui nous catégorisent et nous alimentent selon nos croyances, limite de plus en plus notre vision du monde. Car les réseaux sociaux restent avant tout des machines publicitaires extrêmement puissantes, qui ont pour objectif premier de nous catégoriser pour mieux nous cibler. Pour garantir un meilleur usage de ces outils puissants qui prennent une place de plus en plus importante dans nos vies, un travail important de pédagogie et d’éducation aux nouveaux médias est fondamental.

Le « big data » doit, lui aussi, être balisé : les données deviennent le nouvel eldorado du web, et la plupart de nos activités en ligne fournissent un nombre incalculable d’informations personnelles à des entreprises qui les monnaient chèrement, sans que nous en ayons conscience, la plupart du temps. C’est pourquoi il est impératif que chacun puisse avoir accès à ses données et savoir précisément ce qui en est fait. Le web, dans toutes ses déclinaisons, ne peut plus être un far-west : un cadre doit être tracé pour que la philosophie des fondateurs liberté, égalité, ouverture et respect y reste le maître-mot. Internet ne peut pas être un immense terrain de manipulations en tout genre.

Enfin, l’impact environnemental des nouvelles technologies doit aussi être pris en compte dans la transition numérique. En termes de consommation d’énergie ou de consommation des ressources naturelles, on l’oublie souvent : la digitalisation pèse extrêmement lourd sur notre planète.

La transition numérique est inéluctable. Et elle peut être une formidable avancée pour notre humanité si elle se développe au bénéfice de tou·te·s. Ce n’est pourtant pas le cas aujourd’hui, et la rapidité du développement numérique doit être balisé, pour mieux protéger et servir ses utilisateurs. Dans ce domaine, la formation est un enjeu essentiel.

Les enjeux de lʼOpen data

L’Open data vise à rendre publiquement accessibles aux citoyen·ne·s, en toute transparence, certaines données scientifiques de mobilité, de tourisme, de santé, … Ces informations rendues publiques permettraient par exemple de développer des politiques plus adaptées, ou des outils au service de la collectivité, comme des applications smartphone. Renforcer l’open data, c’est garantir la mise en commun de données, au bénéfice de tous.

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