Un reportage des équipes de la VRT met en lumière la possible implication d’un conseiller communal N-VA, Melikan Kucam, dans un trafic de visas humanitaires. Il aurait reçu d’importantes sommes d’argent pour permettre à des habitants de zones de conflit en Syrie, en Irak et dans des pays frontaliers, de voyager en Belgique avec un visa humanitaire. « Si ces faits sont avérés, c’est à la fois criminel et immoral. Le principal critère d’attribution d’un visa humanitaire, qui vise spécifiquement à protéger la vie des réfugiés, doit être la vulnérabilité. Pas la taille du portefeuille. La justice doit faire toute la lumière sur ce dossier, mais la responsabilité de Theo Francken est également engagée », commente la députée fédérale Ecolo Véronique Waterschoot.

(c) Reporters

En effet, il apparaît que le conseiller communal N-VA aurait disposé d’un contact au sein du cabinet Francken, lui permettant de savoir qui avait reçu ou non un visa humanitaire. L’ancien Secrétaire d’État a reconnu qu’il avait entendu des rumeurs à ce sujet. « Tout le monde, en tant que citoyen, a la responsabilité de signaler d’éventuels délits. C’est d’autant plus vrai en tant que responsable politique. Des vies sont littéralement en jeu. Le fait que Theo Francken ait entendu des rumeurs mais n’ait pas cherché à en savoir plus est hautement problématique », poursuit Véronique Waterschoot.

Pour Ecolo, cette actualité souligne une nouvelle fois l’importance de mettre fin à la politique d’octroi de visas humanitaires de façon discrétionnaire. « Les visas humanitaires, qui visent à protéger les réfugiés les plus vulnérables, devraient être attribués sur base de critères objectifs. Pas dans la plus grande opacité, et selon le bon vouloir du responsable politique en charge. Les faits récents plaident en ce sens. Concernant ce trafic présumé, nous nous réjouissons de la décision de la Commission de l’Intérieur d’organiser des auditions sur le sujet. A côté des démarches en cours au niveau judiciaire, il convient en effet que les responsabilités politiques puissent être évaluées. Une réorientation de la politique d’asile notamment par rapport à l’octroi de visas humanitaires, sur lesquel le contrôle est particulièrement complexe, s’impose », conclut Véronique Waterschoot.