Ce texte vise à introduire de manière explicite une référence à la lutte contre les discriminations entre les femmes et les hommes et à la promotion de l’égalité des sexes parmi les critères d’agrément des manuels scolaires. La proposition initiale a été amendée afin qu’une attention particulière soit également apportée à un accès égal à toutes les formations aux filles et aux garçons.

« Le sexisme dans les manuels scolaires est loin d’être anodin », souligne la députée bruxelloise Ecolo Barbara Trachte. « Dans les manuels utilisés 2016 subsistent encore des clichés qui influencent inconsciemment les comportements des enfants et des adultes qu’ils deviennent. Certaines représentations imagées n’ont par exemple que très peu évolué par rapport aux générations précédentes. »

Plusieurs enquêtes ont en effet récemment démontré qu’aujourd’hui encore dans les manuels scolaires :

  • 87% des personnes célèbres présentés sont des hommes;
  • 81% des métiers représentés sont “masculins” (médecin, pilote, écrivain, scientifiques, plombiers…);
  • 70% des adultes représentés avec un ou plusieurs enfants sont des femmes;
  • dans les représentations familiales, la mère est plus souvent présente et s’occupe généralement des tâches ménagères (cuisine, rangement, etc) ;
  • les filles sont souvent représentées moins actives ou moins entreprenantes.

Les manuels scolaires restent un outil fondamental d’apprentissage. Pour Ecolo, les clichés sexistes et autres inégalités liées au genre influencent durablement les comportements quotidiens. « L’école est un lieu essentiel d’émancipation », ajoute la députée wallonne Ecolo Hélène Ryckmans. « Or, de telles représentations inégalitaires, dans les rôles, les métiers, les supposés comportements ‘adéquats’, sont au contraire un facteur aliénant, à l’opposé de la construction d’une société plurielle et plus juste. En grandissant, garçons et filles se mettent par exemple à penser que certaines filières leur sont interdites ou que certains métiers ne sont ‘pas pour eux’. Une fille ingénieure ? Un garçon puériculteur ? Cela reste très rare, sans aucune raison objective. »

« Les expertes l’ont mentionné dans les auditions : changer les choses dans les manuels scolaires est un pas symbolique. C’est un pas nécessaire pour progresser vers une égalité encore loin d’être acquise dans le système éducatif », précise encore Hélène Ryckmans. « Ce décret est important à la fois pour les filles et pour les garçons. Nous sommes donc évidemment très heureux qu’un accord ait été trouvé entre les groupes, que nous remercions de se joindre à notre proposition », conclut Christos Doulkeridis, chef de groupe Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.