Suite à de nouveaux faits et informations relatives à l’AFSCA et au secteur de la viande depuis début avril, et face à certaines questions qui restaient encore en suspens, la conférence des présidents du 18 avril avait proposé d’organiser une commission jointe économie-santé pour entendre les réponses du Ministre de l’Agriculture Denis Ducarme (MR). Les chefs de groupe majorité-opposition avaient marqué leur accord. Or, aujourd’hui en commission Santé de la Chambre, la majorité a suivi le MR sur son refus d’organiser une commission conjointe et a donc voté pour que le sujet soit mis à l’agenda de la prochaine commission Santé… c’est-à-dire le 8 mai.

Un report d’agenda que déplorent les écologistes. « Pourquoi une telle réticence pour répondre aux questions des parlementaires ? » s’interroge Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo et Présidente de la commission Santé. « Comment expliquer la volonté que le sujet soit traité uniquement en commission Santé, alors que l’ensemble des groupes politiques, y compris le MR, ainsi que le président du Parlement estimaient normal que les commissions santé et économie puissent se réunir rapidement pour entendre les réponses du ministre aux questions déposées par les parlementaires ? » poursuit Muriel Gerkens.

Les questions qui restent à ce jour sans réponse portent notamment sur les interventions du Ministre relatives aux agréments dans les dossiers Derwa et Baltus, aux situations de conflits d’intérêt potentiels dans le chef d’ancien inspecteur de l’AFSCA et membre du cabinet du Ministre, la fermeture de l’abattoir de Heist-op-den-Berg, le recours à des laboratoires étrangers qui permettent d’éviter certains contrôles de l’afsca,…

« Les récents scandales alimentaires liés au secteur de la viande ont mis en lumière un certain nombre de pratiques qui posent question. Il est fondamental de faire toute la transparence sur le(s) système(s) qui ont permis à ces pratiques de se développer. Il est en outre nécessaire d’apporter les réformes indispensables à un meilleur fonctionnement de l’AFSCA et à un secteur dont les acteurs respectueux de leur métier et des consommateurs souffrent des comportements malhonnêtes de certains. Nous comprenons donc difficilement que le Ministre repousse ainsi les débats sur le sujet en refusant l’organisation d’une commission conjointe. Pour nous, la conférence des présidents doit à nouveau se saisir de cette question », conclut Muriel Gerkens.

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