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« Sauver la biodiversité, c’est aussi nous sauver nous-mêmes »

7 mai 2019
« Sauver la biodiversité, c’est aussi nous sauver nous-mêmes »

Le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) a rendu publique hier son étude, fruit de trois ans de travail. Ses constats sont alarmants : 75 % de l’environnement terrestre a été “gravement altéré” par les activités humaines, tandis que 66 % de l’environnement marin est touché. Cette destruction accélérée entraîne la disparition de la biodiversité et un million des espèces animales et végétales (sur 8 millions recensées sur Terre) sont menacées d’extinction à court ou moyen terme. Dans le même temps, le rapport indique également qu’il est encore possible d’agir pour enrayer le phénomène. « Il est en effet encore possible de renverser la tendance mais nous n’avons plus beaucoup de temps, car cela fait trop longtemps que les activités humaines détruisent la planète et l’environnement », commente Zakia Khattabi, coprésidente d’Ecolo. « Nous devons accélérer la transition, et prendre enfin la mesure de l’importance de la biodiversité, qui est réellement notre assurance-vie. Les enjeux liés à la biodiversité sont en effet essentiels pour répondre efficacement aux problèmes liés aux dérèglements climatiques et réciproquement. L’inaction coupable des politiques en charge ces dernières années doit cesser », poursuit Zakia Khattabi.

Pour Ecolo, ce rapport fondamental nous ramène aux enjeux centraux de la campagne électorale en cours. « La maison brûle et certains, dans une vulgaire bataille électoraliste, n’ont d’yeux que pour les intentions de vote en faveur d’Ecolo plutôt que sur les défis et enjeux tant climatiques qu’environnementaux qui sont pourtant énormes. Le temps nous est compté. J’invite les partis à un sursaut de responsabilité et à centrer la campagne sur le projet qui permettra enfin d’y répondre efficacement : les citoyens veulent des solutions et des perspectives, et des politiques responsables et visionnaires qui travaillent au bien commun », ajoute Zakia Khattabi.

Protéger et (re)développer la biodiversité nécessite en effet une réponse transversale et d’envergure. Parmi les priorités d’Ecolo, il y a ainsi l’extension des zones Natura 2000 et la création de réserves naturelles en Wallonie ; le développement d’un espace vers à moins de 300m pour chaque citoyen, constituant également des sources de fraîcheur en cas de pics de chaleur et des filtres pour assainir l’air que nous respirons ; la suspension de la bétonisation à outrance, la gestion de l’étalement urbain et l’artificialisation de nos territoires, qui prennent la place de la nature dans son ensemble.

Les écologistes rappellent en outre leur volonté d’agir au niveau de l’utilisation des pesticides, des déchets, du plastique, de la pollution de l’air… « La biodiversité, c’est un tout. C’est la raison pour laquelle la réponse doit être globale et transversale. Il ne s’agit pas d’agir d’un côté, tout en continuant de détruire de l’autre. On ne peut plus faire du sur-place, nous devons avancer. Il en va de notre sécurité alimentaire, de la production d’eau potable et d’air frais, de la régulation des inondations, de la beauté de nos paysages ou encore de la protection contre les maladies et de la lutte contre le réchauffement climatique. Cette dégradation du capital naturel commun entraîne des pertes économiques de plus en plus manifestes, limite la compétitivité, détériore la qualité de la vie et impacte la santé. Restaurer et mobiliser le capital naturel peut par contre s’avérer une opportunité majeure pour un développement social et économique significatif et équilibré. Relevons le défi, saisissons les enjeux. Ensemble, car nous ne serons jamais assez nombreux pour le faire et ainsi nous assurer à toutes et tous un avenir désirable », conclut Zakia Khattabi.