La Commission européenne présentait aujourd’hui la proposition législative concernant la réforme de la PAC (Politique Agricole Commune). Cette dernière doit maintenant être discutée au Parlement Européen et au Conseil.

Ecolo reconnaît le potentiel de certaines propositions de ce texte, comme celle d’imposer un plafond des aides directes et certaines mesures en matière d’environnement et d’action pour le climat, comme par exemple la protection des sols riches en carbone et le renforcement des mesures favorisants la rotation des cultures. Mais les écologistes regrettent une réforme décevante qui reste globalement trop complexe et complètement inadaptée aux défis actuels d’une agriculture moderne, et qui ne répond pas aux demandes des citoyens.

« Nous sommes inquiets de constater le ‘greenwashing’ de la PAC, avec tout ce que ça comporte d’hypocrisie », dénonce Patrick Dupriez, coprésident d’Ecolo. « La proposition affirme en effet que les plans nationaux, et régionaux, établissent une obligation pour les Etats membres de s’assurer que 40% de l’argent de la PAC doit être consacré à l’action climatique. Or, cette obligation de contribuer à la lutte au changement climatique n’est pas clairement établie dans le texte légal. C’est tout à fait inacceptable à la lumière des engagements internationaux pour le climat », poursuit Patrick Dupriez.

Ecolo voit aussi difficilement comment le nouveau système de mise en oeuvre, qui donne plus de responsabilité aux États membres, pourrait être cohérent avec l’objectif de simplification mis en avant par la Commission. Par ailleurs, l’augmentation de la partie cofinancée par les Etats membres du deuxième pilier est aussi préoccupante, car c’est dans cette partie qu’on retrouve les aides socialement et environnementalement performantes, ainsi que les mesures en faveur de la biodiversité.

« Les paiements sur base d’hectare, qui sont pourtant les grands responsables de la mauvaise distribution des aides, n’ont quant à eux pas été remis en discussion. Ceci constitue une grande victoire des lobbies de la grande industrie. L’encouragement aux États membres à utiliser les big data et les nouvelles technologies est une autre grande victoire pour les multinationales, qui pourront continuer à accroître leur niveau de contrôle sur les producteurs, et à faire du profit à leur détriment. Cette proposition enfonce un autre clou dans le cercueil de la biodiversité européenne et met en péril l’avenir de l’agriculture paysanne européenne. En conclusion, la réforme de la PAC telle qu’elle nous est proposée constitue une nouvelle occasion manquée d’amorcer un vrai virage vers une agriculture durable, respectueuse du travail des agriculteurs et des producteurs, mais aussi de l’environnement dans son ensemble et des consommateurs finaux», conclut Patrick Dupriez.

 

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