Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient de remettre son rapport sur l’évolution du climat. Relevant qu’aucune région du monde n’est épargnée par le dérèglement climatique, ce rapport souligne qu’aujourd’hui, les engagements pris par les États nous amènent à un réchauffement d’au minimum 3°C ! Or, souligne le GIEC, « la violence des impacts climatiques entre un réchauffement de 2°C et un réchauffement de 1,5°C (l’objectif de l’accord de paris) est extrêmement marquée : canicules, précipitations, extinctions d’espèces, acidification des océans,… ».

Le rapport précise encore qu’à l’horizon 2100, le monde serait 3% plus riche en parvenant à limiter le réchauffement climatique à 1,5° plutôt qu’à 2°C. Les économies nationales épargneraient ainsi jusqu’à 30 milliards de dollars sur cette période. Les politiques pour limiter le dérèglement climatique à 1,5°C créeraient 24 millions d’emplois dans les nouvelles industries, soit une augmentation nette de 18 millions d’emplois dans les secteurs des énergies propres, de l’efficacité énergétique, de l’agro-écologie et de la construction durable.

Pour ECOLO, le choix du courage, de l’ambition et de l’exemplarité n’est plus une option mais une obligation. «Limiter le réchauffement à 1,5°C est encore possible, mais les chances d’y parvenir diminuent chaque jour. Des actions urgentes et drastiques dans tous les secteurs sont donc essentielles », estiment les Coprésidents d’ECOLO.

Nous avons besoin d’une transition très rapide vers un modèle énergétique 100% renouvelable, sortant définitivement des énergies fossiles, et des politiques ambitieuses de réduction des émissions. Il s’agit dans le même temps d’augmenter la surface de nos forêts, zones humides et prairies pour capter le carbone de notre atmosphère – ce qui permet en outre d’enrayer la perte de biodiversité. « Tout retard dans l’action rendra les impacts du changement climatique plus graves et les adaptations plus difficiles , tout en rendant les solutions à déployer plus coûteuses », poursuivent Zakia Khattabi et Patrick Dupriez. « Aujourd’hui, toutes les politiques, à tous les niveaux, doivent être pensées en évaluant leur impact conjoint sur le climat et la justice sociale pour transformer en profondeur notre économie».

Or, les Etats sont actuellement loin d’atteindre les objectifs minimalistes qu’ils se sont fixés à Paris en décembre 2015. Et la Belgique a tristement rejoint le groupe des pays européens les moins ambitieux en matière d’action climatique. Après des années de silence et d’inaction, peut-on espérer que le Premier Ministre ait encore une parole forte et engageante pour une Belgique ambitieuse ? Quant à la Wallonie, au-delà des discours, les actions essentielles restent insuffisantes, voire en régression, dans les 3 grandes priorités : la stratégie de rénovation des bâtiments, la mobilité et la relocalisation de l’économie. Il est en outre incompréhensible que les plusieurs centaines de millions de revenus du Fonds Kyoto (quotas d’émissions ETS) ne soient pas affectés par la Région à des mesures en faveur de la lutte et de l’adaptation aux changements climatiques. Les écologistes attendent des mesures beaucoup plus ambitieuses.

A quelques jours des élections communales, les coprésidents d’Ecolo rappellent qu’en matière d’action climatique, les bonnes nouvelles viennent surtout des villes : «  Le GIEC affirme que près de 60 % des mesures pour lutter contre le réchauffement et s’y adapter sont entre les mains des communes. C’est donc le moment pour toutes les communes de Wallonie et de Bruxelles de s’engager à faire de cet enjeux une priorité, en partenariat avec les citoyens et les entreprises de leur territoire », concluent Patrick Dupriez et Zakia Khattabi.

Quelques conséquences d’un scénario au-delà de 1,5°C :

  • Une hausse de température de deux degrés Celsius pourrait entraîner une diminution de 20% des précipitations estivales.

  • La disponibilité en eau dans la région Méditerranéenne pourrait diminuer de 9% si les températures augmentent de 1,5 degrés Celsius et de 17% si elles augmentent de deux degrés Celsius.

  • Si les températures augmentent de plus de 4°C, une grande partie du sud de l’Espagne pourrait devenir un désert d’ici la fin du siècle.

  • Près de la moitié des plantes et des animaux et plus de la moitié des habitats protégés par la directive de l’UE sur les habitats se trouvent dans la région méditerranéenne. Si les températures augmentent de 1,5 degrés Celsius, les écosystèmes méditerranéens peuvent survivre, mais si les températures augmentent de deux degrés Celsius ou plus, elles changeront de manière plus dramatique qu’à aucun moment de l’histoire.

  • Dans un scénario où les températures augmenteraient de 3°C d’ici la fin du siècle, les vagues de chaleur pourraient être multipliées par cinq d’ici le milieu du siècle. Les sécheresses vont probablement devenir de plus en plus fréquentes et graves dans la région méditerranéenne, en Europe occidentale et dans le nord de la Scandinavie.

  • Les modifications dans les chutes de neige devraient réduire de 10 millions le nombre de nuitées par tourisme de ski en Autriche, en France, en Italie et en Suisse avec un réchauffement de deux degrés Celsius.

  • En dessous 4°C de réchauffement, les températures estivales mensuelles en Méditerranée devraient augmenter de plus de six degrés Celsius.

  • Au-dessous de quatre degrés Celsius de réchauffement, l’ensemble du continent européen, à l’exception de l’Islande, sera touché par des sécheresses plus fréquentes et plus graves.

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