La qualité de l’air est mauvaise dans deux écoles sur trois. C’est ce qui ressort d’une analyse de la qualité de l’air effectuée par Greenpeace pendant un mois dans 222 écoles du pays. Pour Ecolo, ces résultats sont évidemment extrêmement préoccupants et pointent une nouvelle fois la nécessité d’intégrer la dimension ‘santé’ dans notre enseignement, mais également le besoin de revoir en profondeur notre mobilité.

Selon l’OCDE, les écoliers francophones passent chaque année 865 heures en classe. La qualité de l’air qu’ils y respirent est donc fondamentale, tant pour leur apprentissage que pour leur santé. En effet, de nombreuses études établissent un lien entre de trop fortes concentrations en CO2, en dioxyde d’Azote (NO2) ou encore la présence de perturbateurs endocriniens, et les troubles de l’attention, du comportement, l’asthme, voire de maladies cardiovasculaires et de cancers. La santé des enseignant(e)s est également à protéger.

Si Ecolo se réjouit évidemment du projet pilote « AD’Air » lancé voici un an par la Ministre de l’Éducation et le Ministre wallon de l’Environnement, les écologistes jugent cette initiative insuffisante. En effet, elle n’intègre pas les écoles bruxelloises, mais elle se limite en outre à une école par province wallonne.

« Dès lors qu’il s’agit de leur santé, tous les enfants et leurs enseignants doivent être protégés de la même manière, et avec un maximum de précautions. S’il est indispensable de disposer de données harmonisées sur le sujet, comme vient de le reconnaître le Conseil supérieur de la Santé, il est plus que temps d’agir ! » commente Barbara Trachte, cheffe de groupe Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Les expériences pilote, ça suffit. Et se contenter de recommander, comme l’a fait alors le Ministre wallon, d’aérer régulièrement, en très insuffisant. Surtout lorsqu’on apprend de l’étude de Greenpeace que la qualité de l’air extérieur des écoles est préoccupante ou mauvaise dans 61 % des cas », poursuit Barbara Trachte.

La cheffe de groupe Ecolo interpellera la ministre de l’Éducation dès la semaine prochaine et exigera surtout des réponses rapides, concrètes et généralisées.

« Une étude de 2008 menée dans 72 écoles de la province du Luxembourg révélait qu’à l’heure du déjeuner, par exemple, on détectait dans 79 à 99 % des classes plus de 2000 ppm (parties par million) de CO2 dans l’air, soit deux fois plus que le seuil maximum recommandé par l’OMS. Plus récemment, des tests on démontré que la présence de 25 élèves dans une même salle pendant 4 heures (avec une ouverture durant 15 minutes de la fenêtre au bout de deux heures) faisait monter le taux de ppm à 4800. Que faut-il de plus pour que des mesures concrètes soient prises ? » s’interroge Barbara Trachte.

Pour Ecolo, il est indispensable d’établir des normes strictes et prioritairement centrées sur la santé des enfants et des enseignants. La dimension ‘santé’ doit aussi être une exigence centrale lors de la rénovation d’établissements ou de nouvelles constructions. La fermeture hier d’une école à Grâce-Hollogne pour cause d’un taux d’amiante supérieur aux normes recommandées par l’OMS en est l’illustration la plus récente.

Enfin, les écologistes rappellent l’urgence de de repenser la mobilité. L’étude de Greenpeace confirme une nouvelle fois que la proximité du trafic et les gaz d’échappement sont un facteur déterminants de la qualité de l’air dans les établissements.

 

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