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PS et cdH réduisent l’aménagement du territoire à une simple boite à outils

6 février 2015
PS et cdH réduisent l’aménagement du territoire à une simple boite à outils

La nécessité d’enfin mettre un frein à l’étalement urbain, de ne plus gaspiller notre territoire, mais de bien l’organiser est devenue une évidence pour tous les acteurs. Ce n’était pas le cas il y a 5 ans, et c’est un basculement culturel majeur enclenché par Ecolo. On peut dire qu’un véritable déclic s’est produit en Wallonie !

Les communes se rendent compte que l’étalement qui a été généré ces 30 dernières années est une voie sans issue, qui leur coûte cher : en organisation des services, en perte d’identité, en tissu social, en attrait touristique, en consommation énergétique.

Les entreprises sont demandeuses d’une localisation qui permette à leurs travailleurs de ne plus forcément devoir disposer d’une voiture juste pour se rendre à leur travail et surtout de ne plus perdre des heures et des heures dans les embouteillages.

Le secteur immobilier a perçu, depuis plus longtemps, que le marché du logement évoluait. Crise économique aidant, vieillissement de la population, coût de l’énergie, éclatement du modèle familial traditionnel : la demande du marché est de disposer en grande quantité de logements moins chers, plus petits, peu énergivores, proches des services et des transports en commun.

Cette prise de conscience collective de la nécessité de structurer notre territoire, de lutter contre l’étalement de l’urbanisation, mais aussi de répondre aux défis tant démographique qu’énergétique qui sont face à nous, c’est un bond de géant !
Le Code du Développement Territorial adopté par le Parlement wallon en avril dernier et porté par Ecolo poursuivait 2 objectifs : la simplification et la structuration du développement territorial.

Concernant le 1er objectif, la simplification est grosso modo maintenue dans la révision de la réforme que propose le gouvernement PS-cdH. La structure et la lisibilité de la réforme sont au global conservées, de même que les éléments de simplification principaux.

La consultation des acteurs
avait été la base de cette réforme d’une ampleur inégalée. Car c’est sur base de ce que nous ont dit tous ces intervenants, ces praticiens de l’aménagement du territoire (pouvoirs locaux, administration, architectes, promoteurs, secteur associatif …) qu’Ecolo a porté cette réforme, en inventant quelque chose de nouveau, et en cherchant la meilleure manière de concilier, sur chaque enjeu, les différents points de vue qui, bien entendu, ne convergeaient pas forcément.

La grande simplification à laquelle nous avons abouti – et qui a, d’ailleurs, été saluée unanimement comme telle – se caractérise par plusieurs éléments : structuration du Code en livres thématiques, nouvelle numérotation des articles décrétaux et réglementaires, suppression des outils surnuméraires, simplification des révisions de plans de secteurs, introduction d’une souplesse considérable, au travers du caractère indicatif de la plupart des outils, plutôt que réglementaire.

Concernant le 2è objectif, celui de la structuration du développement territorial, nous sommes beaucoup plus inquiets.

Quel est le projet du gouvernement pour le territoire wallon ? Le gouvernement semble considérer l’aménagement du territoire comme une simple boîte à outils, à disposition des uns et des autres, pour mener leur projet individuel sans vision d’intérêt général, sans capacité d’intégrer de manière harmonieuse les attentes individuelles et collectives.

PS et cdH ont fait le choix de réformer la réforme. De la reporter. Et de choisir, pour partie, d’autres outils que ceux que nous avions élaborés ensemble. Mais, les outils sont les outils. La législation, le décret, ce n’est pas ça qui importe. L’important, c’est comment notre territoire aura évolué dans 5, 10, 50 ans. C’est la manière dont les outils auront eu la capacité de soutenir et d’encadrer le mieux possible notre développement, face aux enjeux colossaux qui sont devant nous : défis démographique, économique et énergétique.

Or, c’est maintenant qu’il faut agir sur notre territoire pour en orienter le développement. Pas dans 5 ans, pas dans 10 ans. Aujourd’hui, la responsabilité du gouvernement wallon est de faire en sorte que la politique opérationnelle se concrétise, le plus vite possible. Parce que simplifier pour simplifier, ce n’est pas un projet politique. Et le territoire de notre région a besoin d’un projet politique.