Vous nous avez donné votre avis !

Vous avez été plus de 48.000 à regarder le coup de gueule de Barbara Trachte, notre cheffe de groupe au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur la pénurie des profs, 525 à la partager et 360 à la commenter !

Les réponses venaient à la fois de profs, de futurs profs mais aussi de parents et d’élèves qui ont partagé leur analyse de la situation ou l’expérience vécue dans leur école, qu’ils y soient enseignants, parents ou élèves.

Les causes pointées

Pour la quasi-totalité des témoignages portant sur les causes du phénomène, la pénurie des enseignants ne peut pas être dissociée du débat sur les conditions de travail des enseignants. Pénibilité, incertitude, titres et fonctions, abandon précoce de la profession sont autant de pistes évoquées.

Pour la majorité d’entre vous, une profession revalorisée et mieux accompagnée attirerait plus de candidats et les abandons en début de carrière seraient moins fréquents. Ces derniers seraient la conséquence d’horaires incomplets ou trop éparpillés, d’absence de perspectives, d’insécurité, de manque d’encadrement.

L’autre explication mise en avant est la question des réseaux et de la difficulté de passer de l’un à l’autre pour compléter son horaire ou organiser sa carrière. La plupart des expériences relatées pointent notamment des procédures trop compliquées et l’impossibilité de faire valoir son ancienneté.

Certaines matières plus touchées que d’autres

Il ressort des réponses reçues que les matières les plus concernées sont:

  • néerlandais (des absences de très longue durée, parfois depuis le début de l’année, voire dans un cas, depuis deux ans !) ;
  •  science ;
  • informatique ;
  •  anglais;
  •  CPC/Morale (parfois depuis le début de l’année);
  •  français ;
  •  mathématiques ;
  •  géographie ;
  •  sciences éco.

Certains cumulent. Dans une classe, on nous rapporte l’absence de cinq professeurs (math, géo, néerlandais, technique et biologie). Cela implique des heures de fourches à n’en plus finir et des journées d’école… sans cours.

Des absences de plusieurs mois et la semaine incomplète devient la norme

Les témoignages font état de situations problématiques tant les absences longues durées sont nombreuses. Elles durent plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Un témoignage fait état d’une classe de troisième primaire sans professeur depuis trois semaines. Un autre d’une instit en congé maternité jamais remplacée pour une classe de deuxième primaire.

De manière générale, la semaine incomplète semble être la norme. Un élève qui passera le CE1D nous rapporte plus de 50h sans prof depuis le mois de septembre. D’autres témoignages confirment des chiffres semblables.

On cherche à combler le vide avec les moyens du bord : cours rattrapés à la va-vite au retour du professeur ; des devoirs à n’en plus finir pour apprendre seul, à la maison. Les parents regrettent le manque de communications de la part des écoles et de l’absence de solutions satisfaisantes.

Une école nous a d’ailleurs fait parvenir un graphique assez interpellant concernant une classe de 3ème secondaire et le nombre d’absence dans chaque matière sur 11 semaines :

 

Trois mesures immédiates pour répondre à ces situations inacceptables

L’ensemble des commentaires et réactions reçues confirment l’urgence de traiter le problème à court terme, sans attendre le Pacte d’Excellence.

Les écologistes réclament en premier lieu que les élèves qui ont manqué des cours faute de professeurs aient droit à des rattrapages. Ensuite, Ecolo exige un monitoring précis de la pénurie. L’objectif est de savoir en temps quasi réel où il manque des profs et de quoi. Aujourd’hui, la FWB peut recouper différentes données pour avoir plus ou moins une idée de la pénurie. Mais cette idée n’est pas précise. Or, si on veut y remédier à court terme, il faut absolument savoir de quels profs on a besoin pour les envoyer où, et si on veut y remédier à moyen terme, il faut connaître les profils dont on a besoin au niveau de la formation. Actuellement, et malgré les questions fréquemment posées à la Ministre, nous n’avons aucun aperçu précis de la situation.

Ecolo propose trois mesures immédiates pour répondre à la pénurie d’enseignants et à ses conséquences, qui peuvent être mises en œuvre très rapidement :

1. Rattrapage : les élèves concernés par le manque de professeurs doivent pouvoir bénéficier de séances de rattrapage avant les examens, afin qu’ils s’y présentent avec les mêmes chances.

2. Mobilité des enseignants : de nombreux enseignants n’ont pas un temps plein ; de nombreuses écoles manquent d’enseignants. Mais il existe en Belgique plusieurs réseaux, et ces derniers sont actuellement imperméables. Ecolo souhaite que les enseignants puissent travailler plus facilement dans des écoles d’un autre réseau ;

3. Accompagnement : l’accompagnement des jeunes enseignants doit être mis en œuvre tout de suite et ne doit pas attendre la fin du processus complet du Pacte d’excellence.

Mesures à plus long terme

Au-delà de ces mesures immédiates, Ecolo souhaite également avancer sur des enjeux à long terme. Il est en effet essentiel :

  •  de réformer la formation initiale des enseignants. En effet, des enseignants valorisés et mieux formés resteront plus longtemps en fonction. De nombreux jeunes enseignants quittent leur fonction dans les premières années, il est fondamental de mettre fin à ce gâchis. Malheureusement, après plus de 9 ans aux commandes de cette réforme, le gouvernement n’est toujours pas en mesure de présenter un projet cohérent à ce sujet.
  •  de permettre aux enseignants des carrières moins linéaires. Le métier d’enseignant évolue, mais les enseignants doivent aussi pouvoir évoluer au cours de leur carrière, tenter de nouvelles expériences, relever de nouveaux défis. Il faut leur permettre d’être, par exemple, tantôt professeur débutant, tantôt maître de stage, tantôt conseiller pédagogique, tantôt revenir devant la classe, forts de nouvelles expériences et de nouveaux acquis.

Par ailleurs, Ecolo insiste une nouvelle fois pour que les professeurs soient associés aux projets de réformes qui les concernent, afin que la réponse politique corresponde aux besoins réels du terrain et ait ainsi plus de chances de succès.

«  L’enseignement est obligatoire en Belgique. Mais de nombreux élèves se retrouvent régulièrement sans prof, ce qui met en péril leur apprentissage voire leur année complète lorsqu’on approche des examens », commente Barbara Trachte, cheffe de groupe Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Cela ne peut plus durer et les nombreuses réactions que nous avons suscitées en lançant cet appel à témoignages confirment une nouvelle fois l’urgence de prendre les choses en main de façon volontariste. Nous ne pouvons pas laisser les enfants, les parents et les équipes pédagogiques sans réponse ou leur répondre que ça ira mieux dans 2, 3 ou 5 ans. Vouloir améliorer notre enseignement en profondeur, via le Pacte par exemple, est évidemment une bonne chose. Mais il faut pouvoir assurer la base. Et cette base, c’est le prof », conclut Barbara Trachte.

Share This