La Ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) annonce ce matin de nouvelles mesures de ‘responsabilisation’ des mutualités, officiellement en vue de la remise à l’emploi des malades de longue durée, sous peine de pénalités financières. Pour Ecolo, la Ministre prend une nouvelle fois le problème à l’envers en ne cherchant pas à résoudre les situations qui causent les maladies de longue durée, mais en s’attaquant aux personnes malades elles-mêmes et aux mutualités qui les assurent.

« Maggie de Block a trois obsessions puis le début de la législature: diminuer les moyens financiers des mutuelles et les soumettre à sa volonté ; les méthodes standardisées de soins (‘evidence-based medicine’) ; la ‘responsabilisation’ des patients par la pénalisation des comportements qui ne correspondent pas à sa vision et qui exclut les plus faibles », commente Muriel Gerkens, députée fédérale Ecolo et Présidente de la commission Santé à la Chambre.

« Fidèle à ses obsessions, la Ministre décide donc, à la veille de la journée mondiale de la santé, de pénaliser les mutuelles qui n’aideront pas suffisamment les malades de longue durée à reprendre le travail. Elle considère en effet qu’une mutuelle gagne de l’argent sur le dos des travailleurs malades et qu’elle tire des profits à prolonger la durée des périodes de maladie. A aucun moment, la Ministre de la Santé (et non du Budget!) ne se pose la question des conditions de travail, des impacts de la flexibilité croissante des horaires, de la pression en hausse sur le rendement provoquant stress et burn out… », poursuit Muriel Gerkens.

Ecolo soutient l’accompagnement précoce des travailleurs malades afin qu’ils puissent retrouver leur travail dans les meilleures conditions. Mais, pour les écologistes, cet accompagnement doit être fait avec la personne malade et les conditions de travail doivent être évaluées, adaptées et éventuellement corrigées. Or, le système proposé par Maggie De Block ressemble à celui qui est imposé aux agents du fisc et de l’Afsca: exigence d’un nombre de dossiers et de résultats attendus en dehors de tout critère de qualité. Conclusion: ce sont les plus fragiles qui sont pénalisés.

« Nous appelons une nouvelle fois la Ministre de la Santé à mettre son énergie dans la protection de la santé des citoyens et non d’uniquement suivre aveuglément une logique budgétaire. L’amélioration des temps de travail et des conditions de travail doivent intégrer réellement les contraintes des familles sous peine de poursuivre l’explosion de burn out, d’abandon du travail à temps plein, notamment par les femmes. Maggie de Block n’est-elle pas aussi Ministre des affaires sociales ? Des mesures intenses doivent être prises pour éviter au maximum les expositions aux pollutions de l’air qui provoquent plus de 10.000 décès prématurés par an en Belgique. Qu’a fait Maggie De Block depuis le scandale de VW ? », s’interroge Muriel Gerkens.

Pour les écologistes, les ministres de la santé, de l’environnement, de l’agriculture et de l’économie de tous les gouvernements régionaux et fédéral doivent interdire la mise sur le marché et l’utilisation des pesticides et biens de consommations contenant des perturbateurs endocriniens. Ceux-ci provoquent des troubles de la fertilité et de la croissance, des risques de cancer accrus ainsi qu’obésité et diabète. Qu’à fait la Ministre de la santé pour mobiliser son gouvernement ?

« L’actualité récente nous a une nouvelle fois rappelé à quel point il était indispensable d’accompagner la transition vers une agriculture et des transformations agro-alimentaires vers les produits bio, artisanaux et en circuits courts ; d’imposer des limites très strictes en ajout de sucre, sel et graisses dans les aliments ; de développer un étiquetage visible de la qualité nutritionnelle des aliments. Nous devons également de lutter contre la pauvreté et contre les inégalités sociales. Toutes ces propositions ont été refusées par Maggie De Block et la majorité fédérale, préférant l’auto-régulation des multinationales. De nombreuses études pointent le fait que les déterminants économiques, sociaux, environnementaux agissent directement sur plus de 90% de notre santé. Malgré ces faits, la Ministre préfère s’en laver les mains et sanctionner celles et ceux qui en sont les victimes. Ce n’est pas digne, ni responsable, de la part d’une Ministre de la Santé ! » conclut Muriel Gerkens.

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