Mobilité

  • Proposition 1

    Investir 7 milliards sur 5 ans dans la SNCB, les TEC et la STIB pour augmenter massivement le nombre d’utilisateurs des transports en commun et partagés, garantir une place assise pour chaque voyageur, améliorer la ponctualité, élargir les horaires, proposer de nouveaux parcours et rouvrir des points d’arrêt. Au-delà, lier automatiquement à la hausse la dotation annuelle « exploitation » des entreprises de transport public en fonction de la fréquentation, pour faire des usagers de véritables partenaires.

  • Proposition 2

    Offrir une gratuité ciblée sur tous les transports en commun : > PASS-25 : gratuité jusque 25 ans > PASS+ : gratuité pour les chômeurs et les bénéficiaires du CPAS.

  • Proposition 3

    Remplacer le soutien aux voitures salaires par un budget mobilité pour toutes et tous.

  • Proposition 4

    Instaurer un Pass-MultiMobil, carte unique pour tous les transports en commun publics et l’étendre à terme aux trans-ports partagés.

  • Proposition 5

    Augmenter la fréquence des bus et des trams et dès que possible leur vitesse commerciale. En zone rurale, développer des initiatives publiques inédites de transports collectifs.

  • Proposition 6

    Mettre en place des lignes chrono (lignes de bus/tram à haute cadence circulant en site propre sur les grands axes) dans toutes les grandes villes wallonnes et à Bruxelles afin de réduire le temps de parcours.

  • Proposition 7

    Assurer des liaisons régulières entre les gares bruxelloises via un Réseau Express Bruxellois (REB) et en Wallonie autour de chaque grande ville (REC à Charleroi, REL à Liège, REN à Namur) pour exploiter à fond les infrastructures ferrées existantes.

  • Proposition 8

    Définir un Plan cyclistes incluant aménagement de couloirs verts (notamment pour reconnecter la RBC aux autres régions), gratuité du parking vélo dans les gares et points d’arrêt et gratuité des vélos à bord des trains.

  • Proposition 9

    Réformer la TMC (taxe de mise en circulation) sur les voitures pour la calculer en fonction du CO2, des émissions polluantes, de la masse/puissance.

  • Proposition 10

    Mettre en place une tarification routière qui permet de désengorger la zone la plus polluée et la plus embouteillée de Bruxelles, dite zone « Pentagone + » ou centre-ville.

  • Proposition 11

    Rééquilibrer progressivement le partage des voiries en 3 tiers : piétons et vélos, transports publics et automobiles et étendre les zones 30 en milieu urbain.

  • Proposition 12

    Interdire la construction de toute nouvelle infrastructure routière d’envergure et donner la priorité à la rénovation des voiries existantes, en profiter pour donner une place aux usagers doux y compris dans les parkings.

  • Proposition 13

    Reconfigurer la petite ceinture de Bruxelles pour mettre fin à la coupure qu’elle entraîne entre quartiers et y diminuer la place de la voiture et le poids des grosses infrastructures routières au profit des autres usages : piétons, vélo, espaces verts, remaillage urbain.

  • Proposition 14

    Mettre en place le modèle des villes et villages des « courtes distances » en rendant les territoires centraux toujours accessibles en sécurité à pied ou à vélo et en veillant à la localisation adéquate des activités.

  • Proposition 15

    Minimiser les nuisances du transport aérien en renforçant les contrôles, en étendant la nuit jusqu’à 7h du matin et en favorisant le recours aux alternatives plus durables.

  • Proposition 16

    Adopter, également au niveau européen, des objectifs ambitieux de réduction des émissions dans le secteur des transports (automobile, routier, aérien et maritime) et lutter contre le dumping social dans le secteur des transports.

Une mobilité qui bouge !

Inventer la mobilité du 21è siècle

Qu’elles soient professionnelles, familiales, culturelles ou amicales, nos activités quotidiennes nécessitent des déplacements. À la ville comme à la campagne, les besoins de mobilité ne cessent d’augmenter, sur un espace dédié qui n’est pourtant pas extensible à l’infini, et avec les conséquences économiques et sanitaires que l’on connaît. Mais sortir du tout à la voiture sans restreindre notre mobilité, est-ce compatible ?

Notre immobilité explose. Partout, des tensions sʼexpriment : saturation du réseau routier et bouchons à nʼen plus finir, retards quotidiens des trains, absence dʼoffre conséquente de bus en Wallonie, trams bloqués dans le trafic à Bruxelles, pistes cyclables insuffisantes, trottoirs inadaptés, …

La paralysie routière engendre des coûts absolument colossaux en termes de déplacements, de retards, de pollution, de stress… Et les montants à mobiliser donnent le vertige. Un métro ? Plusieurs milliards ! Un tunnel à rénover ? Des centaines de millions ! Une liaison autoroutière en Wallonie ? Plus de 500 millions dʼeuros.

Ces enveloppes monumentales pourraient pourtant être infiniment mieux utilisées pour développer des milliers de projets dʼaménagements décentralisés qui amélioreraient grandement nos déplacements. Car c’est en terme de service qu’il s’agit désormais de repenser notre mobilité.

La question ne doit plus être « à quelle heure aller en voiture pour que cela roule vite, que je trouve facilement une place pour me garer ? » mais bien « Comment me rendre dʼun point à un autre le plus facilement, rapidement et confortablement possible en émettant le moins de pollution possible ? ». Et cela change tout. Pour lʼusager comme pour lʼorganisation du territoire.

Imaginez, dans le futur, quʼune part beaucoup plus grande des lieux dʼhabitation soit mieux reliée au travail et à tous les services quotidiens (écoles, commerces, loisirs…) grâce à des infrastructures adaptées (trottoirs, pistes cyclables, …) et une offre de transports ambitieuse (transports en commun, voitures partagées, …). Vous auriez le choix du moyen de déplacement, en fonction de lʼheure, des saisons et de vos envies.

Des expériences internationales

Utopie ? Détrompez-vous ! C’est le pari cohérent et conscient qu’ont fait, il y a plusieurs dizaines d’années déjà, certaines villes et régions d’Europe : Copenhague, Oslo, Lyon, Amsterdam, … Considérant la mobilité comme un droit pour tous, ces villes et régions ont décidé de mieux partager l’espace public et de le rentabiliser au service de chacun de ses habitants. Voyez plutôt : à Copenhague, il y a désormais plus de vélos que de voitures dans le centre-ville. Ce n’est évidemment pas le fruit du hasard : l’aménagement du territoire a été pensé pour ça.

Et qui en sont les premiers bénéficiaires ? Les enfants ! D’autres villes prennent le pli du vélo : à Berlin, plus de 13% des déplacements se font sur deux roues. à Amsterdam, ce chiffre atteint même 22%, et montre qu’avec un aménagement approprié, les citoyens choisissent massivement le vélo, un moyen de déplacement efficace et peu coûteux.

Le changement demande du temps et de l’accompagnement. Mais toutes ces expériences ont ceci en commun : aucune de ces villes ne se voit contrainte de revenir en arrière. Les citoyens sont conquis par les gains, en temps et en qualité de vie.

La Belgique ne part pas de rien

Et s’il s’agissait avant tout d’utiliser plus et mieux les nombreux atouts (… si, si !) que la Belgique possède déjà ? Citons par exemple, un réseau de train d’une densité exceptionnelle et des services bus ou trams qui pourraient devenir les axes centraux de la réorganisation de la mobilité de demain. En visant toujours plus et mieux à les ouvrir aux besoins de mobilité des personnes âgées, des jeunes et des personnes handicapées.

La mobilité comme droit pour tou·te·s est à portée de main

Des transports publics plus nombreux, plus confortables et à toute heure, du train au bus, pour couvrir largement et en permanence l’ensemble du territoire : c’est possible, et moins compliqué qu’il n’y paraît. C’est avant tout une question de priorité politique.

Une évolution technologique qui va dessiner l’avenir

Les nouvelles technologies jouent un rôle de plus en plus important dans l’organisation de la mobilité du 21e siècle. Co-voiturage, voitures partagées, situation des réseaux et horaires des transports publics, vélos à assistance électrique, … Les nouvelles technologies permettent de structurer, comme jamais auparavant, la mobilité individuelle et collective. à Strasbourg déjà, le « pass mobilité » permet à ses utilisateurs d’avoir accès à toutes les solutions de mobilité de la région, via un seul dispositif. Bus, tram, carte de parking, vélo, voiture partagée ou de location : tout y est. à Lyon, la métropole a fait le pari de l’innovation. Les vélos partagés, les trottinettes, la marche à pied, les voies réservées au co-voiturage et l’information en temps réel – qui permet aux Lyonnais de mieux organiser leurs déplacements – sont au cœur de la stratégie de mobilité de la ville.

Une réorganisation de l’espace public

Et puis, bien sûr, la mobilité, c’est aussi une question d’aménagement du territoire. Que ce soit en milieu urbain ou rural, il faut repenser notre espace pour permettre à chacun d’y trouver sa place.

Comment espérer un recours massif au vélo sans aménagements conséquents ? Comment envisager de marcher quinze minutes s’il n’y a pas de trottoir ? Comment concevoir de prendre le train, s’il est long et compliqué de se rendre jusqu’à la gare ? Ou si la gare a disparu, car considérée comme trop « petite » ? Il est aujourd’hui in-dis-pen-sable de prendre en compte les questions de mobilité dans le réaménagement des espaces publics. Et il faut également repenser les lieux de mobilité comme des « espaces multi-services ». Les gares, ainsi que certaines stations de bus ou de métro, sont aussi, potentiellement, de formidables lieux d’accueil pour les commerces et les services : postes, crèches, magasins, garages à vélos, … Plus besoin de faire des déplacements supplémentaires : tout pourrait se trouver directement sur votre chemin. Finalement, c’est aussi une formidable occasion de redynamiser les centres des villes et des villages de Wallonie. Surtout quand on sait qu’en Belgique, 40% des déplacements de moins de deux kilomètres se font encore aujourd’hui en voiture.

À quoi ressemblera la mobilité belge de demain ?

La mobilité est au cœur de nos vies. Mais le tout-à-la-voiture montre chaque jour un peu plus ses limites. Il s’agit aujourd’hui d’oser franchir le pas vers une réorganisation de nos modes de déplacement, dans l’intérêt de tous et de toutes. Les nombreux exemples internationaux nous montrent que c’est non seulement possible mais aussi grandement souhaitable. Remettre les modes de mobilité douce au cœur de nos vies, que ce soient les trains, les bus, les vélos… Ces changements sont déjà en cours et permettront à terme de se déplacer mieux, de pacifier et sécuriser l’espace public et de lui rendre sa convivialité. Depuis trop longtemps, cyclistes et automobilistes s’affrontent sur le macadam. Repenser la mobilité, ce n’est pas faire disparaître la voiture mais l’utiliser à meilleur escient : co-voiturage, véhicules partagés, utilisation à la demande. Avec une SNCB enfin réinvestie, des TEC modernisés, une STIB au cœur de la mobilité bruxelloise, un réseau de pistes cyclables vraiment sécurisé, un aménagement du territoire rationnel au service de ses usagers, la mobilité de demain sera plus sûre, plus rapide et plus conviviale.

Le train pour désengorger Bruxelles ?

Il n’y a pas de réponse simple à une situation complexe. Le métro est une solution potentielle pour désengorger partiellement certains quartiers de Bruxelles. L’avantage est évident : il est rapide et ne souffre d’aucune congestion. Il n’est cependant pas sans inconvénient : un coût de construction très élevé, des chantiers très longs et colossaux.

Or, Bruxelles comporte déjà 30 gares SNCB sous-­utilisées, qui permettent de traverser la région d’un bout à l’autre en quelques minutes ! Et si, pour le coût de quelques kilomètres de métro de plus, on réussissait à démultiplier les sites propres, augmenter les fréquences des trams et des bus, et revaloriser les gares SNCB ?

L’enjeu principal n’est pas une, deux ou trois lignes de métro en plus : l’enjeu, c’est de garantir une mobilité efficace, rapide et à moindre frais.

Le Saviez-vous?

Les réseau ferroviaire belge, dans les grandes villes et leurs environs, est l’un des plus denses du monde !

De la sorte, les centres urbains – Bruxelles, Charleroi ou Liège par exemple – pourraient facilement se doter de « réseaux express » de trains, développés sur les infrastructures déjà existantes. Objectif : des liaisons très rapides et à haute fréquence, entre les centres-villes et leurs périphéries. Rapide et moins cher !

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