Depuis quelques années, la voiture perd du terrain chez les jeunes, qui ne la considèrent plus comme un marqueur social. Et pourtant, ils ne se déplacent pas moins que leurs aînés. Mais ils ont intégré de nouveaux réflexes et profitent pleinement des nouvelles opportunités. Car au changement culturel est venu s’ajouter des évolutions technologiques qui permettent de modifier la manière de nous déplacer. Bienvenue dans la mobilité du XXIème siècle au sujet de laquelle nous avons consacré notre 8ème Ecolab (*)!

Avant d’effectuer un déplacement, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir recours à une ou plusieurs applications mobiles permettant de disposer d’informations prédictives sur les temps de parcours, les itinéraires les plus fluides, la disponibilité d’offres de mobilité, etc. Grâce à ces informations, nous décidons alors des moyens de transport les plus adaptés et leur combinaison entre eux. Bienvenue dans l’ère de la multi modalité, où l’information en temps réel joue un rôle prépondérant.

On estime qu’il y a aujourd’hui en circulation dans le monde plus de 50 milliards de données numériques. Des données produites en flux permanent par les utilisateurs eux-mêmes, mais également par les les entreprises et les pouvoirs publics. Analysées en temps réels, ces informations fournissent aux pouvoirs publics, mais également aux utilisateurs, une mine de renseignements qui permettent d’envisager autrement nos déplacements.

Car aujourd’hui, on pense et on bouge multi modal. Une notion qui repose sur la possibilité de choix. En fonction du jour, de l’heure ou du motif du déplacement, on privilégiera plutôt tel transport ou mix de transports, en jouant sur les avantages de chacun d’eux au moment du déplacement. Objectif : se rendre plus vite et de manière plus écologique d’un point A à un point B. Cela signifie donc des offres de transport complémentaires plutôt que concurrentes, moins d’autosolisme et plus de partages, ainsi que des infrastructures à la hauteur.

Des voitures partagées

Pour y parvenir, outre l’enjeu de l’information, il y a donc celui de la diversification des offres et des modes de transport. En la matière, la voiture partagée est en train de renverser complètement le rapport classique à l’automobile. On estime qu’une voiture partagée remplace 7 à 8 voitures individuelles, qui ne sont en moyenne utilisées que 5 % du temps. Des systèmes de partage de voiture entre particuliers voient le jour un peu partout.

Un bouquet de services

Imaginez qu’en souscrivant un abonnement en transports en commun, vous receviez en même temps des réductions pour louer un vélo ou une voiture, stationner en ville, etc. Impossible dites-vous ? De nombreuses villes ont déjà adopté de tels bouquets de mobilité, comme à Lyon. Ces tarifications intégrées ont pour objectif de faciliter le passage d’un mode de déplacement à l’autre et de diminuer la présence de la voiture en ville. Un tel dispositif est indispensable pour penser la mobilité de demain.

ECOLO propose de créer un pass “MultiMobil”

Ce pass est composé d’une quantité de déplacements (carburant, trajets de transports en commun, trajets en véhicules partagés, entretiens, etc). Distribué sous forme d’une « allocation mobilité » à tous, offerte sans contrepartie, il s’ajoute au « budget mobilité » tel que prévu par ECOLO pour les déplacements domicile-travail. Ce budget octroyé à tous les travailleurs remplace également le système des voitures de société, extrêmement polluant.

Ce pass est accompagné d’une application « mobilité sans exclusive » qui garantit un accès libre des citoyens à l’ensemble des offres et applications de mobilité. Le pass ne comprend en effet aucune exclusivité sur certains moyens de transport : toutes les solutions doivent s’intégrer et non s’exclure. Avec cette proposition, pour bénéficier des meilleurs tarifs et services, l’utilisateur devra payer un seul abonnement pour plusieurs sociétés de transport (en commun, de location de voitures partagées, etc).

Des infrastructures adaptées pour une mobilité plus durable

Afin de sortir du tout à la voiture, en ville comme dans les campagnes, il faut développer de nouvelles infrastructures. Malheureusement, la Belgique est trop frileuse. Les investissements sont encore à la traîne, que ce soit dans le train, les transports en commun ou ce qu’on appelle les nouvelles infrastructures zéro émission. Nous demandons que le Gouvernement fédéral intègre ces investissements pour une “autre mobilité” dans le cadre de son pacte pluriannuel pour lequel Charles Michel annonce 60 milliards d’euros d’ici 2030.

Aujourd’hui, 25 % des émissions de gaz à effets de serre sont dues aux transports, et cette part va croissant ces dernières années. Pour réduire par quatre le rejet de CO2 dans l’atmosphère en 2050, la Belgique devra donc faire preuve d’audace et d’ambitions et agir dans trois directions. Il faudra poursuivre le développement des réseaux de transports en commun en favorisant autant que possible le transport de surface comme le tram, moins onéreux et plus rapide à mettre en place que le métro, réduire l’autosolisme et favoriser les modes de transports actifs grâce à des infrastructures sécurisées.

Nous sommes aujourd’hui à un tournant. Les temps changent ! Le tout à la voiture séduit de moins en moins, tandis que chaque jour apparaissent de nouvelles formes de déplacement. Place donc à la créativité et à l’efficacité. La mobilité de demain sera forcément partagée et se basera sur une combinaison de modes de déplacement.

(*) A travers un Ecolabs, les Verts mettent en discussion leurs objectifs politiques afin de construire des alliances avec des acteurs sociaux, économiques et citoyens.

Lire la proposition complète ici

Intervenants extérieurs : Michel Meuter (Mobilesem) / Patricia Grandchamps (Echevine de la mobilité à Namur) / Filip Watteeuw (Echevin de la mobilité de Gent) / Georgios Maillis (bouwmeester de Charleroi) / Jihanne Annane (SNCB, responsoble RER et intermodalité) / Thomas Hermine (NextRide) / Pierre Oldenhove (Wibee) / Juliette Walkiers (IEW)

 

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