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Médecine : Ecolo appelle une planification territoriale de l’offre de soins plutôt qu’au contingentement

Médecine : Ecolo appelle une planification territoriale de l’offre de soins plutôt qu’au contingentement

Une commune wallonne sur deux fait face à une pénurie de médecins généralistes. Actuellement, il y en effet 5.500 médecins généralistes actifs en Wallonie. Cela fait moins de 9 médecins pour 10.000 habitants. A Bruxelles, on ne parle pas encore de pénurie avec les 1.500 médecins actifs mais la question risque de se poser dans les années qui viennent car d’ici 2027, environ 45% auront cessé de pratiquer.

Or, la Ministre de la Santé relance la saga des numéros Inami, ce qui risque bien de pénaliser les patientes et les patients, ainsi que les (futurs) étudiants en médecine.

Plutôt que des quotas, les écologistes plaident de longue date pour une planification territoriale de l’offre de soin pour pouvoir répondre aux besoins réels de la population. A cet égard, Ecolo rappelle que le Conseil d’État avait remis un avis cinglant sur l’avant-projet de loi réformant les quotas Inami, et pointait le risque de recul d’offre médicale si les réalités territoriales ne sont pas intégrées dans les critères d’évaluation et de planification. Il soulignait également l’atteinte à l’exercice des compétences des entités, dont la Wallonie et Bruxelles, en pénurie de médecins.

“Si nous voulons organiser une politique de santé publique de qualité, il faut travailler avec les réalités du terrain. C’est-à-dire évaluer l’offre et la répartition existante réelle, par bassins de soins, afin d’identifier les besoins non couverts et organiser efficacement les installations des futurs médecins. Le travail en équipe, via des associations de médecins ou des maisons médicales peut également être une bonne piste à suivre”, commente la coprésidente d’Ecolo Zakia Khattabi.

Ecolo rappelle également que fin 2018, la ministre de la Santé publique Maggie De Block avait annoncé, dans le cadre de sa note de politique générale, préparer un arrêté royal qui instaurera pour les étudiants en médecine l’obligation d’obtenir une “attestation de contingentement”. A partir de 2025, cette attestation sera obligatoire pour obtenir une place de stage et un numéro Inami, et ainsi facturer ses prestations à l’assurance maladie. “Cette proposition s’apparente à un nouveau numerus clausus qui ne dit pas son nom. Elle mettra les (futurs) professionnels de la santé en difficulté et risque d’affecter une offre médicale dont on sait qu’elle est insuffisante dans certaines régions et dans certaines spécialités. C’est pour nous inacceptable”, ajoute Zakia Khattabi.

“De nombreux rapports et études, de l’OMS notamment, pointent les pénuries, et montrent qu’il existe un réel problème d’accès aux soins et d’équité entre les citoyens selon les lieux où ils résident, leur capacité à se déplacer ou leurs moyens financiers. Et cela se vérifie sur le terrain local. Nous devons garantir un accès à des soins de santé de qualité. La solution passe notamment par une évaluation territoriale des besoins en soins de santé et une planification de l’organisation des offres de soins de première ligne qui se base sur ces évaluations de terrain. Une même approche doit également être développée pour élaborer une offre territoriale de soins spécialisés en milieux hospitaliers”, poursuit Zakia Khattabi, qui rappelle en outre qu’au niveau des études, les écologistes souhaitent une réorganisation complète des différentes filières d’école de la santé, en s’appuyant sur un tronc commun réel et une orientation bien plus progressive des étudiants tout au long de leur cursus.

« Il est impossible d’organiser une politique de santé conforme aux exigences de qualité, d’accessibilité et d’équité en s’obstinant dans le système actuel ou dans un système de contingentement tel que proposé par Maggie De Block. L’approche par bassins de soin permet une meilleure répartition et plus de complémentarité dans les offres. Sachant qu’il faut au moins 10 à 15 ans pour former un médecin, l’inertie répétée et les choix idéologiques du Gouvernement fédéral risquent de sacrifier non seulement toute une génération d’étudiants mais de mettre à mal une politique de santé publique adaptée aux besoins. C’est la raison pour laquelle nous continuerons de nous y opposer avec vigueur ! », conclut Zakia Khattabi.