Aux fins de financer le démantèlement de nos centrales nucléaires et la gestion de leurs déchets hautement radioactifs à partir de 2025, 14,8 milliards d’euros vont être mobilisés, à charge des producteurs, essentiellement Electrabel.

Se basant sur une étude réalisée par swissnuclear, l’association professionnelle des exploitants des centrales suisses, le député ECOLO Jean-Marc Nollet a identifié un manque de 20 à 22 milliards pour assurer le démantèlement complet des installations et la gestion des déchets en Belgique : « la Suisse compte cinq centrales nucléaires et une puissance nette de 3.238 MW (mégawatt). Le coût du démantèlement et la gestion des déchets sont évalués par les autorités compétentes à 20 milliards d’euros. Si j’évalue le coût du démantèlement proportionnellement au nombre de centrales, et le coût de la gestion des déchets proportionnellement à la puissance, j’arrive à un total de 35,3 milliards. Faites la différence : il manque plus de 20 milliards dans le fonds».

Pour le député vert, une des explications à cette différence provient de la solution envisagée pour le stockage des déchets de longue durée de vie, qui est calculé à 220 mètres de profondeur. Or, partout où une solution identique est envisagée, la profondeur retenue est au minimum de 400 à 500 mètres.

« Qui va financer ce « trou » gigantesque entre les provisions constituées et les coûts réels ? Les citoyens ? Electrabel ? Ou sa maison mère , la française Engie ? », s’interroge Jean-Marc Nollet, qui craint qu’en définitive le groupe français ne cherche à se débarrasser des activités nucléaires belges et à renvoyer la facture aux pouvoirs publics et donc aux contribuables.

« Depuis deux ans, je ne cesse d’interpeller la Ministre de l’Energie sur cette question mais je ne vois absolument rien venir », s’impatiente le député. Celui-ci demande que le Gouvernement fédéral organise un cadre législatif qui assure qu’ENGIE soit garante à long terme des engagements de sa filiale belge.

Et le chef de groupe ECOLO de conclure : « le mythe d’un nucléaire fournissant une énergie bon marché a volé en éclat. Pendant 40 ans, les actionnaires ont amassé les dividendes. Hors de question que les dettes du nucléaire, qui sont chaque jour un peu plus visibles, évidentes et avérées, ne soient mises à charge des contribuables belges alors que les bénéfices se sont eux envolés depuis longtemps dans la poche des actionnaires et dans les comptes de la maison-mère française ».

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