Saviez-vous que 87 % des personnages célèbres présentés dans les livres d’école sont des hommes ? Et ce n’est qu’un exemple parmi bien des clichés que comportent aujourd’hui encore les manuels scolaires et autres supports pédagogiques. C’est pourquoi, le 2 mars 2015, les députés écologistes ont déposé sur les bancs du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles une proposition de décret qui met fin au sexisme dans les manuels scolaires. Suite à des auditions et des débats, un accord était intervenu entre les 4 groupes politiques (Ecolo, PS, MR, cdH) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui ont déposé un texte commun. Ce décret vient d’être adopté à l’unanimité au cours de la séance plénière de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ce texte vise à introduire de manière explicite une référence à la lutte contre les discriminations entre les femmes et les hommes et à la promotion de l’égalité des sexes parmi les critères d’agrément des manuels scolaires. La proposition initiale a été amendée afin qu’une attention particulière soit également apportée à un accès égal à toutes les formations aux filles et aux garçons.

« Le sexisme dans les manuels scolaires est loin d’être anodin », souligne la députée bruxelloise Ecolo Barbara Trachte. « Dans les manuels utilisés en 2016 subsistent encore des clichés qui influencent inconsciemment les comportements des enfants et des adultes qu’ils deviennent. Certaines représentations imagées n’ont par exemple que très peu évolué par rapport aux générations précédentes. »

Plusieurs enquêtes ont en effet récemment démontré qu’aujourd’hui encore dans les manuels scolaires :

Les manuels scolaires restent un outil fondamental d’apprentissage. Pour Ecolo, les clichés sexistes et autres inégalités liées au genre influencent durablement les comportements quotidiens. « L’école est un lieu essentiel d’émancipation », ajoute la députée wallonne Ecolo Hélène Ryckmans. « Or, de telles représentations inégalitaires, dans les rôles, les métiers, les supposés comportements ‘adéquats’, sont au contraire un facteur aliénant, à l’opposé de la construction d’une société plurielle et plus juste. En grandissant, garçons et filles se mettent par exemple à penser que certaines filières leur sont interdites ou que certains métiers ne sont ‘pas pour eux’. Une fille ingénieure ? Un garçon puériculteur ? Cela reste très rare, sans aucune raison objective. »

« Les expertes l’ont mentionné dans les auditions : changer les choses dans les manuels scolaires est un pas symbolique. C’est un pas nécessaire pour progresser vers une égalité encore loin d’être acquise dans le système éducatif », précise encore Hélène Ryckmans. « Ce décret est important à la fois pour les filles et pour les garçons. Nous sommes donc évidemment très heureux que le Parlement nous ait suivi dans cette démarche et vote aujourd’hui ce décret », conclut Christos Doulkeridis, chef de groupe Ecolo au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

  • 87% des personnes célèbres présentés sont des hommes;
  • 81% des métiers représentés sont “masculins” (médecin, pilote, écrivain, scientifiques, plombiers…);
  • 70% des adultes représentés avec un ou plusieurs enfants sont des femmes;
  • dans les représentations familiales, la mère est plus souvent présente et s’occupe généralement des tâches ménagères (cuisine, rangement, etc) ;
  • les filles sont souvent représentées moins actives ou moins entreprenantes.