Le Comité du Monitoring a remis hier son rapport sur les perspectives budgétaires. Il met notamment en évidence des prévisions trop optimistes du Gouvernement fédéral et le caractère très ponctuel de certaines recettes budgétaires, comme le paiement anticipé de l’impôt des sociétés. Mais dans ce rapport, le Comité du Monitoring dénonce également les pressions dont il a fait l’objet, une situation inacceptable pour Ecolo.

« C’est du jamais vu. Pour la première fois, le Comité du Monitoring, dont le rôle est notamment de jouer le ‘chien de garde bubdgétaire’ du Gouvernement, dénonce une pression politique. Manifestement, le Gouvernement Michel tente d’embellir une situation budgétaire peu enviable. Et pour cela, tous les moyens sont bons, y compris en tentant d’imposer sa ligne et ses hypothèses budgétaires à un organe qui est justement chargé de l’alerter en cas de dérapage », dénonce Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.

A cet égard, on peut lire dans le rapport du Comité du Monitoring que son président (signature Open-VLD) a refusé de suivre l’avis des membres du Comité, afin d’atténuer artificiellement l’effort budgétaire à réaliser par la majorité lors du prochain conclave.

Le montant de l’effort à réaliser pour respecter la trajectoire budgétaire en 2019 s’élève, selon le rapport, à 2,6 milliards, mais il pourrait être deux fois plus élevé. Le Comité du Monitoring confirme notamment les doutes des écologistes par rapport au caractère structurel des paiements anticipés à l’Impôt des Sociétés ou au financement du Tax Shift. Mais les estimations des conséquences budgétaires de ces sujets d’inquiétude n’ont pas été reprises dans le rapport final du Comité, suite à la pression du Gouvernement.

« De façon systématique, le Gouvernement fédéral tente d’embellir les chiffres. Pour cela, il nie et rejette systématiquement les avis critiques externes, qu’ils viennent de la Cour des Comptes, du Bureau Fédéral du Plan, de la Commission Européenne ou, en l’occurrence, du Comité du Monitoring. C’est irresponsable et inquiétant. Après avoir donné des leçons d’orthodoxie à l’opposition et fait subir des mesures d’austérité aux citoyens et à nos entreprises, le Gouvernement fédéral est clairement en échec budgétaire, avec une lourde hypothèque pour les exercices ultérieurs. Il est possible de faire beaucoup mieux, notamment en libérant les investissements dans l’économie du futur. C’est ce que nous attendons du prochain conclave budgétaire, plutôt qu’un nouveau déni de réalité », conclut Georges Gilkinet.

Commentaires

Commentaires

Share This