International et coopération Sud/Nord

  • Proposition 1

    Faire de la Belgique une référence internationale en matière de respect des engagements climatiques et de financements climat.

  • Proposition 2

    Conditionner la politique commerciale européenne au respect des traités internationaux en matière climatique et envi-ronnementale et au respect des conventions de l’OIT et à l’absence de clause ICS.

  • Proposition 3

    Assurer à terme de cinq ans une hausse du budget d’aide au développement de la Belgique pour atteindre 0,7% du PIB à l’échéance de 2023.

  • Proposition 4

    Instaurer au plan européen des droits sociaux et environnementaux sur les marchandises importées, afin de rétablir une concurrence loyale, de favoriser les circuits économiques courts et d’exercer une pression sur l’amélioration des condi-tions sociales et environnementales de production.

  • Proposition 5

    Créer une organisation mondiale de l’environnement qui regroupe la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et la Convention sur la diversité biologique, et accompagne les États sur la voie de la transition écologique.

  • Proposition 6

    Instaurer au niveau européen une législation de « devoir de vigilance » aux firmes transnationales leur imposant d’identifier, de remédier, de réparer toute atteinte aux droits humains au sein de leurs chaînes de production, de leurs filières d’approvisionnement ou de leurs filiales, conformément aux lignes directrices de l’OCDE et aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

  • Proposition 7

    Revoir le décret sur les licences d’armes pour en renforcer la transparence. Suspendre la livraison d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis.

  • Proposition 8

    Ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires.

  • Proposition 9

    S’engager dans la mise en place des « Communs Mondiaux ».

  • Proposition 10

    Reconnaître l’État de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale.

  • Proposition 11

    Garantir une représentativité équilibrée des genres dans les instances internationales via l’instauration de quotas.

  • Proposition 12

    Exporter le modèle belge de loi sur les fonds vautours, de manière à empêcher ceux-ci de réclamer des profits indus auprès des juridictions européennes.

L’Europe au cœur d’une solidarité renouvelée

Philippe Lamberts est parlementaire écologiste européen depuis 2009 et co-préside le groupe parlementaire des Verts depuis 2014. Il mène la liste Ecolo à l’Europe pour les élections du 26 mai prochain.

Vu l’urgence climatique, est-ce que la transition est encore compatible avec la démocratie ?

La transition écologique et solidaire est complexe parce que le monde est complexe. Aucun être humain n’a le plan de la société durable, ni le GPS, pour y arriver. Donc, le seul moyen de réussir la transition, c’est de mobiliser l’intelligence collective. Et la démocratie doit en devenir l’instrument. Nous, les écologistes, nous ne prétendons pas avoir ce GPS ; par contre, nous voulons être les catalyseurs du changement. Et c’est une autre attitude que celle des partis traditionnels qui, d’habitude, disent : « Je sais ! Faites comme je vous dis et si vous n’êtes pas d’accord, c’est que vous n’avez pas compris. Je vais vous expliquer, et quand vous aurez compris, vous serez nécessairement d’accord avec moi ». C’est la définition même de la pensée unique. Et cette attitude-là, les gens ne peuvent plus la tolérer. Surtout que la classe politique, depuis trente ans, s’est ralliée majoritairement à la doxa néo-libérale. Elle a dit aux citoyens : « Les traités de libre-échange, la flexibilisation du marché du travail, la réduction des dépenses des services publics… vous êtes peut-être contre, mais c’est bon pour vous. Et si vous ne le voyez pas, c’est que vous êtes des idiots ».

Dans ce contexte-là, quelle lecture avoir de la montée des populismes ?

Les nationaux-populistes ont toujours existé : il y a toujours eu une frange nationaliste raciste dans le jeu politique. S’ils ont gonflé à ce point, cela vient d’abord d’une trahison de la social-démocratie. Les classes populaires qui étaient représentées politiquement par les partis de gauche, et surtout de gauche gouvernementale, se sont senties trahies quand ces partis ont adopté la doxa néo-libérale. Les gens se sont dit « On a voté à gauche, et on a eu des politiques de droite. Donc, on va essayer autre chose ». Dès lors, dans la structuration de l’espace politique – en se rappelant qu’il y a des nationaux populistes à gauche aussi, ne l’oublions pas – la réponse au rouleau compresseur néo-libéral se trouve aujourd’hui soit du côté des nationaux-populistes, soit du côté de l’écologie politique. En fait, ce sont les deux réponses possibles.

Deux réponses totalement différentes…

Bien évidemment ! Essayons de regarder les choses avec un peu de recul. D’un côté, la doxa néo-libérale est une exaltation du « moi je » : « mon plaisir, ma richesse, mes voyages, mes expériences personnelles, mon développement personnel, moi en compétition libre et non faussée avec tous les autres, … ». De l’autre, la force du message national-populiste, c’est de reconstruire un nouveau « nous », en opposition à « eux » : les élites mondialisées, les musulmans, etc. C’est donc un « nous exclusif », qui répond à l’individualisme ambiant.

La réponse de l’écologie politique, c’est un « nous inclusif » qui a vocation à accueillir et à prendre en considération toute la société pour que nous faisions face, ensemble, aux défis de notre temps. Et non pas que nous faisions face à « d’autres », dont on suppose qu’ils sont comme ceci ou comme cela. Faire face au défi climatique, au défi migratoire, au défi géopolitique, au terrorisme : il y a une autre alternative que l’alternative populiste. Et, si de nombreux électeurs se tournent vers les écologistes, c’est parce qu’ils réagissent autrement. Ils disent clairement : « Vous n’écrirez pas la haine en notre nom ».

Cette tentation de repli est partout : on pense au Brexit, forcément, mais aussi à la question migratoire…

Au Conseil européen, les chefs d’État et de gouvernement ne sont pas fichus de s’entendre sur une politique commune en matière d’asile et de migration. Ils posent comme postulat que la réponse ne peut être que nationale, or c’est le contraire ! Par ailleurs, ils font le constat que « le national » n’est pas opératoire et ils refusent de rentrer dans une démarche européenne. Où est leur cohérence ? Cette élection qui nous attend sera la nôtre : ce sera celle des Verts. C’est le moment pour nous d’être à la hauteur du défi.

L’Europe a plus d’un demi- siècle. C’est à la fois beaucoup et peu. Les écologistes gardent beaucoup d’espoir et d’attentes envers l’Europe. Plus ­d’Europe ou « mieux d’Europe », demain, qu’est-ce que c’est ? Une Europe plus sociale ?

C’est une Europe qui réintègre sa maison. Nous mettons en tête de nos priorités politiques l’article 2 du Traité de l’Union Européenne : la dignité humaine. Ce n’est pas uniquement la dignité des citoyens européens, mais bien la dignité de tous les êtres humains, présents et à venir. Cela suppose un changement de cap radical sur le plan des politiques économiques, cela suppose d’abandonner la concurrence fiscale et sociale au profit de la coopération. Cela suppose quelque part de faire de la réduction des inégalités et de la réduction de notre empreinte écologique « les cribles » par lesquels on passe toutes les politiques publiques. La bonne nouvelle, et c’est une différence fondamentale avec ceux qui se réclament de la gauche radicale, c’est que nous pensons pouvoir faire beaucoup de choses sans devoir sortir des traités (ce qui signifierait sortir de l’Europe). Alors que les changements de traités nécessitent l’unanimité, mettre d’autres politiques en place n’exige qu’une logique de majorité. Changer la gouvernance économique de la zone pour que les recommandations faites aux États membres portent moins sur la flexibilisation du marché du travail ou sur la concurrence fiscale des entreprises, mais plutôt sur la réduction des inégalités ou de l’empreinte écologique, cela ne demande pas de changement de traité. Protéger les données des gens en obligeant les plates-formes numériques à offrir des options aux usagers qui garantissent la non-utilisation et/ou la non-commercialisation de leurs données, cela ne demande pas de changement de traité. Bannir le charbon ou changer la politique agricole commune pour en faire un instrument d’agriculture soutenable, cela ne demande pas de changement de traité. Il y a comme ça une liste très importante de choses que l’on peut faire. Et nous devons avoir le rapport de force politique pour y travailler.

L’objectif des Verts, c’est d’amorcer ce changement ?

Nous pouvons être les catalyseurs ! C’est d’autant plus vrai qu’au Parlement européen, les Verts ont un poids politique bien supérieur à leur réalité numérique : les Verts sont reconnus pour être très professionnels dans leur approche… même par nos opposants politiques.

Une Union Européenne, vecteur de la transition écologique, solidaire et démocratique ? C’est possible !

Par Philippe Lamberts et Saskia Bricmont, Candidats aux élections européennes

Les enjeux fondamentaux du climat, des migrations et de la justice sociale sont globaux : ils concernent toute la planète et ses habitants. Et c’est pour cette raison qu’ils demandent une politique européenne ambitieuse. Aujourd’hui, même si les écologistes partagent le dépit – et parfois la colère – de celles et ceux qui ne se reconnaissent plus dans l’Union Européenne, il ne faut surtout pas jeter le bébé du projet européen avec l’eau des traités néo-libéraux.

La révision des traités s’impose mais nous pouvons déjà avancer dans la bonne direction sans attendre une hypothétique unanimité des pays d’Europe pour les modifier. Réorienter les politiques économiques de l’Union et la politique agricole commune, imposer la transparence comptable aux multinationales, jouer la coopération plutôt que la compétition en matières fiscale et sociale, bannir les perturbateurs endocriniens et autres poisons… tout cela – et tant d’autres choses – n’exige aucun changement des traités, mais elles exigent bien d’autres majorités politiques à l’Europe.

Notre ambition est de construire ces majorités, au Parlement Européen et dans les États-membres. Et pour réaliser ces changements nécessaires, depuis des décennies, les écologistes articulent leur action avec celles, multiples, des actrices et acteurs de changement dans la société.

Imaginons cette Europe écologiste…

Une Europe plus durable

La croissance économique est en chute graduelle – mais constante – depuis les années 70. Il était donc temps de sortir de cette impasse. En faisant de la transition (en particulier énergétique) son projet central, l’Europe a compris que la nouvelle prospérité du continent en dépendait. Elle a mobilisé tous ses moyens, à la fois régulatoires et financiers – budget, Banque Européenne d’Investissement –, au service de ce projet. Le pacte de stabilité et de croissance, à l’origine de la consolidation budgétaire permanente, a été transformé en un Pacte de Transition Écologique et Solidaire, qui a réinventé nos modèles de production et de consommation, notre protection sociale et notre fiscalité.

Une Europe plus juste

En mettant la finance au service de l’économie, et l’économie au service de la dignité et du développement humain dans le respect absolu des limites de la planète, l’Europe a enfin décidé de privilégier la cohésion sociale plutôt que la maximisation de la compétitivité, la mise sous pression des services publics, la concurrence fiscale et sociale. Désormais, les standards sociaux, environnementaux, sanitaires et démocratiques les plus élevés sont devenus la norme.

Une Europe de toutes et tous, pour toutes et tous

L’Union Européenne est redevenue la gardienne sourcilleuse de la démocratie, de l’état de droit et des libertés. Une Europe féministe et égalitariste, où l’égalité de genre est acquise, où les libertés et droits fondamentaux des LGBTQI+, des minorités, de toutes et tous sont respectés. Une Europe capable de prendre sa juste part dans l’accueil des réfugiés et des migrants. Une Europe qui a elle-même montré l’exemple : transparence maximale imposée aux lobbies, imposition de contraintes aux géants de l’Internet (en particulier sur le plan de la collecte de données personnelles), respect des initiatives citoyennes, etc.

L’Europe est devenue le vecteur de la transition écologique, solidaire et démocratique.

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